Chez l’éditeur Bayard…

… une fronde contre l’extrême droite !
« Pas de réacs dans nos rédacs ! »
« Pas de fachos dans nos locaux ! »

Les salariés du groupe de presse catholique Bayard (La Croix, Le Pèlerin, Notre temps, des titres jeunesse comme Pomme d’api, Astrapi, Okapi, faire lire, Petit Ours Brun…) étaient très remontés le 28 novembre 2024.

Les raisons de leur colère ?

La nomination au poste de numéro deux de l’ex-bras droit du milliardaire catholique conservateur Pierre-Édouard Stérin (créateur des coffrets cadeaux Smartbox). Une décision de leur nouveau patron, François Morinière, aux commandes seulement depuis le 1ᵉʳ novembre. Qui vient aussi de faire entrer Bayard au capital de l’École supérieure de journalisme de Paris (non reconnue par la profession), aux côtés de milliardaires comme Rodolphe Saadé (BFMTV…), les Dassault (Le Figaro), Bernard Arnault (Les Échos-Le Parisien, Paris Match) ou l’inévitable Vincent Bolloré (CNews, Europe 1,JDD…).

Le profil de celui qui pilotera l’établissement, Vianney d’Alançon, inquiète aussi : créateur de parcs d’attractions à « vocation historique » façon Puy du Fou, l’homme est proche de la droite radicale.

« Personne ne veut voir infléchir notre ligne éditoriale, qui a toujours été portée sur l’ouverture d’esprit », confie un journaliste de Bayard.

 Propriété des assomptionnistes, des catholiques modérés, le groupe défend des valeurs de tolérance et d’humanisme, loin des tendances les plus réactionnaires. Certains voient dans ces affaires une lutte entre anciens et modernes au sein de la congrégation, dont la nouvelle génération afficherait des aspirations plus identitaires.

François Morinière est d’ailleurs lui-même président du fonds de dotation de la Nuit du bien commun, un événement de charité imaginé par Pierre-Édouard Stérin.

Ce dernier ne cache plus son ambition d’investir dans les médias : il a été longtemps en négociation pour racheter l’hebdomadaire Marianne, mais a finalement dû renoncer à la suite de la fronde de la rédaction.


Richard Sénéjoux. Télérama n° 3908. 04/12/2024


2 réflexions sur “Chez l’éditeur Bayard…

  1. bernarddominik 09/12/2024 / 10h01

    Cette offensive des milliardaires pour s’approprier les médias est très inquiétante

  2. raannemari 09/12/2024 / 17h50

    Depuis le temps qu’elle dure, un peu tard pour s’en inquiéter, non ?

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