Je dévore tes lèvres quand tu parles dans la nuit
Je dévore tes lèvres et te regarde à l’infini
Je me tiens immobile si je bouge tu t’enfuis
Tes yeux fauves et la lune y voit l’oiseau de paradis
Tu poses tes missiles et dans la planque où je t’écris
Dans mon sexe la terre et toi panthère dans ma nuit
Je me tiens immobile si je bouge tu t’enfuis
Des années de galère où je te veux à l’infini
Approche tes yeux lynx et sens le soleil de midi
Enfonce tes yeux sphinx lèche pour y chasser la pluie
Tiens-toi à l’encolure, je cabre face à l’ennemi
Mon prince mordu d’azur chassera la louve à minuit
Entends partout l’orage qui pousse l’aube dans le bois
Regarde la nuit se trouble et brise la mer en éclats
Entends partout l’orage qui pousse l’aube dans le bois
Regarde la nuit se trouble et brise la mer en éclats
Je fredonne les notes que tu portes dedans toi
Mon doigt contre tes lèvres et je sens ta peau qui ondoie
Ton sexe dans ma paume, j’enfonce ma bouche lilas
Ta cambrure cavale et voilà la louve aux abois
Tu sais, je suis farouche, mais je me suis faite aux combats
Dans tes bras, je me couche, mais c’est maintenant que j’aboie
Clara Ysé. : « Vivante ». Éd. Seghers