Marine Le Pen en plein dilemme…

La censure de Michel Barnier brandit à chaque instant par Marine Le Pen pour satisfaire les velléités du Rassemblement National, affaiblit l’audience de son parti, surtout avec une « leader » potentiellement condamnée pour détournements de fonds et emplois fictifs, s’exposant à des sanctions pour infractions.
En outre, le positionnement de ce parti crée un climat de méfiance au sein des électeurs du RN, voyant là, comme une tentative de manipulation politique.
On peut également se demander si cette stratégie va réellement renforcer l’image de Marine Le Pen ou si, au contraire, elle risque d’aliéner des sympathisants potentiels. Par conséquent, il est crucial que la leader politique opte pour une approche plus transparente et éthique, tant pour son parti que pour la stabilité politique du pays dans son ensemble. MC


Reçue comme les autres leaders des groupes d’opposition, mais reçue la première par le Premier ministre Michel Barnier, Marine Le Pen maintient la pression. La cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN) à l’Assemblée a confirmé lundi à sa sortie de Matignon qu’elle censurerait le gouvernement si le projet de budget 2025 restait « en l’état ». Le rendez-vous n’a donc pas permis d’avancer.

Marine Le Pen se donne du temps avant de décider si elle met fin ou pas au bail de Michel Barnier à Matignon.
Le choix aura un impact sur son image personnelle. Fragilisée par le procès dit des assistants parlementaires au Parlement européen, pour lequel elle risque une peine d’inéligibilité, elle n’a pas le droit à l’erreur.

L’étude Odoxa pour la presse quotidienne régionale (*) confirme cette fragilité. Pour la première fois, Jordan Bardella, président du RN, apparaît comme le plus apprécié par les Français (29 %) devant Marine Le Pen (20 %). Pour les seuls sympathisants RN, c’est encore plus inquiétant pour la triple candidate à la présidentielle : 59 % d’entre eux préfèrent Jordan Bardella à Marine Le Pen (37 %).

Ce penchant pour Bardella se lit aussi dans la cote d’adhésion des personnalités politiques : dans ce classement, le président RN passe aussi pour la première fois devant la députée du Pas-de-Calais.

Mais le pire est que l’éventualité d’une candidature à la présidentielle empêchée par la justice n’est pas perçue comme un handicap par les sympathisants du parti à la flamme. 34 % d’entre eux (contre 28 % pour l’ensemble des Français) pensent que c’est même un atout, car cela permettrait de tourner la page Le Pen.

Bardella plan B

Les sympathisants actent ainsi ce qu’ils font dans les meetings depuis des mois, à savoir considérer Jordan Bardella comme le plan B de Marine Le Pen. Cette dernière a tout fait pour normaliser son parti, jusqu’à installer Bardella comme son éventuel successeur.

La respectabilité que Marine Le Pen veut pour son parti la conduira-t-elle à ne pas censurer le gouvernement en décembre ?
C’est la question qu’elle doit trancher.

 En sortant de Matignon lundi, elle a minimisé les conséquences d’un rejet du budget, précisant que ce serait alors le budget de l’année passée qui s’appliquerait et donc pas le chaos.

Entre la base électorale du RN qui souhaite voir le gouvernement Barnier renversé et l’électorat classique bourgeois de droite qu’elle veut séduire, mais qui pourrait être effrayé par une censure, Marine Le Pen va devoir choisir.


Nathalie Mauret. Le Dauphiné Libéré. 26/11/2024


(*) Sondage Odoxa avec Mascaret pour la presse quotidienne régionale, dont votre journal fait partie, et Public Sénat, réalisé les 20 et 21 novembre auprès d’un échantillon de 1005 Français.


Une réflexion sur “Marine Le Pen en plein dilemme…

  1. bernarddominik 28/11/2024 / 14h41

    Même si Barnier tombe il est improbable que Macron démissionne, alors qu’aura t elle gagné?

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.