Mais non c’n’est pas d’la promo…

… Z’ont l’art et la manière de faire le buzz chez l’éditeur du RN, mais ce n’est pas pour ça qu’il faut suivre les analyses et propositions de ce parti qui en dehors d’une répression et régression des libertés sociétales n’est rien d’autres qu’un programme de droite ou la finance prime sur le bien-être des salariés. MC

« C’est une histoire qui prend forme sous nos yeux, alerte Christine Kelly le 22 octobre. Celle de la censure programmée du livre de Jordan Bardella. » Comment ça ?
Un livre censuré, en France, en 2024 ?

Difficile à croire. Mais la présentatrice de CNews insiste : « Le livre du chef du premier parti de France censuré, c’est le sujet de votre premier édito, Mathieu Bock-Côté. — Le titre annoncé, c’est Ce que je cherche, précise le remplaçant d’Éric Zemmour dans Face à l’info. Il sera porté par un éditeur de qualité, je crois que c’est Fayard. »

Au hasard. « Donc une belle maison, prestigieuse, reconnue pour la qualité de son travail. » Qui vient de passer sous la coupe de Vincent Bolloré, par ailleurs propriétaire de CNews.

« On annonce une campagne de publicité monstre dans les gares de RER, de train, de métro ». Et la censure, alors ?

« Évidemment, les syndicats de la SNCF se mobilisent ».

Nous y voilà.

Mathieu Bock-Côté cite un communiqué. « La CGT Cheminots nous dît : « Je vous demande d’agir par tous les moyens en votre possession afin de faire arrêter cette provocation. »»

L’éditorialiste traduit : « La publication d’un livre est une provocation qu’il faut faire cesser à tout prix et par tous les moyens. — En France, en démocratie », soupire Christine Kelly.

Sauf que la CGT ne s’oppose pas à la « publication » d’un livre, seulement à sa publicité sur les quais d’un service public.

  • L’éditorialiste raille : « Nos amis de la CGT ont une conception de la démocratie quelque peu inspirée de Moscou en 1952.»
  • Et Mathieu Bock-Côté une conception de l’information quelque peu inspirée de Fox News en 2024. « Apparemment, les cheminots ont un droit de veto pour décider ce qui peut paraître et qui ne peut pas paraître.»

Apparemment… Rien du tout.

Les cheminots n’ont aucun pouvoir sur ce que publie Fayard, ni même sur les pubs affichées par la SNCF, dont la direction se dit simplement « embarrassée ».

L’éditorialiste cite le communiqué du syndicat Sud-Rail : « Jamais nous ne laisserons l’extrême droite faire campagne dans nos gares. »

Il en déduit :

« Donc ils vont prendre des moyens illégaux, des moyens extrêmes, des moyens violents, de gauche (sic), pour empêcher cette publicité. »

Horreur !

« C’est la loi des milices syndicales appliquée aux gares de la SNCF. »

Des scènes de guerre sont à prévoir !

Mathieu Bock-Côté s’emporte. « On aura compris : Censure ! Censure ! Censure ! » Comme lorsque la régie publicitaire de la SNCF refuse, en janvier, la publicité pour un spectacle de l’humoriste Waly Dia, arguant que « l’affiche présente un caractère politique incompatible avec le devoir de neutralité qui s’impose dans les transports publics ».

Sans émouvoir alors les éditorialistes de CNews. « Est-ce que tout le monde n’est pas appelé à être contre Jordan Bardella, contre le RN, contre tout ce qui est droite nationale ? se désole Christine Kelly.

On a vu ce qui s’est passé dans l’entre-deux-tours des législatives, le monde entier s’est révélé. — Vous avez raison, on est habitué. C’est la censure, la persécution politique, éditoriale, idéologique ! »

On ne compte plus les éditorialistes de CNews fusillés pour l’exemple.

« Il y a aussi la question des libraires, ajoute Mathieu Bock-Côté. j’aime les libraires. Mais y a une police idéologique des librairies. »

Une police idéologique, ça n’arriverait pas sur CNews.

Charlotte d’Ornellas, du JDD, livre un édito en réponse à la question : « Pourquoi cet ultra-rajeunissement de la violence ? »

Surprise (non), c’est la faute à l’immigration : les mineurs délinquants étrangers prennent la place des mineurs délinquants bien de chez nous dans les foyers de l’Aide sociale à l’enfance. « Je veux bien qu’on accueille tous les mineurs du monde mais c’est au détriment de ces gamins-là qu’on n’accompagne plus. »

Christine Kelly se rengorge : « Ça fait cinq ans qu’on dénonce les mineurs isolés ici dans Face à l’info. » Éric Zemmour les y qualifiait de « voleurs, assassins et violeurs ». Cela lui valut une condamnation, preuve de la persécution endurée par les hérauts de la liberté d’expression.

« SOS Racisme a célébré ses 40 ans, enchaîne la présentatrice. — C’est un mouvement qui a fait tant et tant de mal à la France, déplore Mathieu Bock-Côté dans son second édito.

C’est un mouvement qui dérape dès le début, qui dès le début racialise les rapports sociaux. »

Pendant que le Front national, avec son slogan « un million de chômeurs, c’est un million d’immigrés de trop », s’y refuse.

« SOS Racisme dit que le problème, ce sont les gens qui n’acceptent pas d’applaudir une société multiculturelie. » Les gens racistes. Absurde.

« SOS Racisme est un mouvement qui, fondamentalement, a fascisé le sentiment national. »

Les antiracistes sont fascistes. « Aujourd’hui, l’antiracisme, c’est l’autre nom de ce qu’on n’ose pas appeler le racisme anti-Blanc. » Les antiracistes sont racistes. « SOS Racisme se montre très discret devant le racisme anti-Blanc, croissant, institutionnalisé, toléré, et même de temps en temps félicité. »

Un racisme tellement banalisé avec ses discriminations à l’emploi, au logement subies par les Blancs — sans parler des contrôles au faciès infligés aux jeunes pas assez basanés.

L’émission est terminée, Christine Kelly félicite son éditorialiste : « Vous avez été exceptionnel. »

De mauvaise foi.


Par Samuel Gontier. Télérama. N° 3903. 30/10/2024


3 réflexions sur “Mais non c’n’est pas d’la promo…

  1. bernarddominik 01/11/2024 / 10h25

    Bock Côté fait un sacré raccourci en confondant publicité et édition, mais la CGT et Sud Rail ont de leur côté aussi montré qu’en fin de compte sur la liberté d’expression ils étaient du côté de la répression. Dans cette affaire les syndicats se sont ridiculisés bien plus que cnews qui a certes poussé le bouchon un peu loin, mais passe pour défendre la liberté, alors que les syndicats ont mis à jour leurs méthodes (pression sur la direction avec menace de grève pour un sujet qui n’a rien à voir avec les salariés de la sncf) et leur peu de respect de la liberté des AUTRES.

    • Libres jugements 01/11/2024 / 11h13

      Désolé Bernard, mais nous n’avons pas la même lecture sur le positionnement d’un syndicat.
      Ce syndicat à simplement demandé le respect de la loi interdisant de l’affichage politique dans les lieux publics trois. Pour rappel, cette loi interdit affichage et représentation cultuelle dédiés à un culte dans les lieux publics – Exemple : sont interdites les crèches de fin d’année dans les mairies.
      En ce qui concerne la promotion faite par CNews autour de ce livre, elle est disproportionnée certes mais n’a qu’un but promouvoir les idées réactionnaires de l’extrême droite.
      Michel

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