Comme le note Jean-Yves Camus, de ce côté-ci de l’ex-rideau de fer, on s’intéresse peu, voire pas du tout, à la Moldavie. C’est une grave erreur. Car il en est un qui, lui, s’y intéresse beaucoup : Vladimir Poutine.
Il considère même que ce petit pays coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, qui appartenait jusqu’en 1991 à ce qu’on appelait alors l’« espace soviétique », fait partie de son pré carré exclusif, au même titre que, par exemple, la Géorgie ou l’Ukraine…
Et l’on sait ce que ce sympathique tyran fait quand il estime qu’il est chez lui…
On peut certes balayer le problème d’un revers de main en arguant que les chars russes ne sont pas encore entrés à Chisinau. Nous n’en sommes pas encore là, c’est vrai.
Pour le moment, le Kremlin se contente d’intervenir, avec toute la délicatesse qui lui est propre, dans les processus électoraux.
Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle et du référendum sur L’adhésion future à l’Union européenne, le porte-parole de la Commission européenne, Peter Stano, déclarait que « le vote avait eu lieu dans un contexte d’interférence et d’intimidation sans précédent de la part de la Russie ».
Selon le think tank moldave WatchDog, Moscou a dépensé autour de 100 millions de dollars pour influencer ce scrutin, principalement via la désinformation et l’achat massif de voix.
La lutte anticoloniale, qui est à la mode sur les campus et dans certains cercles intellectuels, demeure empêtrée dans ses vieux réflexes et ses biais idéologiques.
Par conséquent, elle se focalise, parfois jusqu’à l’obsession, sur « l’Occident hégémonique », et tout particulièrement sur les États-Unis.
Ce qui empêche nombre de militants et d’« analystes » auto-proclamés de porter leur regard sur d’autres pays- continents qui méritent pourtant La plus grande attention, comme la Russie poutinienne et la Chine du nouveau Grand Timonier Xi Jinping, dont les visées coloniales sont évidentes et assumées.
De l’Afrique, que Pékin entend transformer en l’une de ses succursales et où Moscou forme ou appuie des armées putschistes, à l’Asie du Sud-Est, où l’emprise chinoise prend une forme ouvertement martiale, sans oublier l’Europe orientale et balte sous menace directe du Kremlin — quand elle n’est pas déjà sous ses bombes… — , rares sont les zones du globe qui échappent à la fringale prédatrice sino-russe.
Gérard Biard – Charlie Hebdo. 30/10/2024
Fringale comparable à celle des USA. Les campagnes Moldaves ont voté contre l’adhésion à l’UE et peu de moldaves ont pu voter, non pas à cause de la pression russe, mais de la tenue des listes électorales et de l’organisation du scrutin qui a donné plus de poids à la capitale. A l’origine la Moldavie faisait partie de la Roumanie, qui en englobe une partie, c’est Staline qui a créé cette minuscule république, et contrairement à la Bukovine il n’en a pas fait cadeau à l’Ukraine. Je ne vois pas pourquoi Charlie s’attaque à Poutine au sujet de la Moldavie mais se tait sur Mayotte qui est une authentique colonie.