Aux quatre coins du monde, les jeunes générations se soulèvent pour exiger de leur part un changement de cap radical en vue de préserver l’habitabilité de la planète.
Dans les pas de la célèbre militante suédoise Greta Thunberg, nombre de militants ont émergé ces dernières années à l’occasion des marches pour le climat. Venus en famille ou entre amis participer à ces rassemblements, ils ont développé – parfois très tôt – une conscience écologique aiguisée.
À l’aune de la COP29, qui s’ouvre lundi 11 novembre à Bakou (Azerbaïdjan), ces jeunes de tous horizons comptent bien faire entendre leur voix pour peser sur les débats. Encore faut-il qu’ils y soient conviés : « Comme nous ne sommes pas invités autour de la table, il faut nous inviter nous-mêmes. Si les discussions ne sont pas ambitieuses, nous en payerons le prix », confie Adélaïde Charlier.
Cette militante belge de 23 ans, mobilisée sur les questions environnementales depuis qu’elle a atteint la majorité, a cofondé le mouvement international Youth for Climate.
« L’urgence climatique me prend aux tripes. Je ne suis pas tant inquiète par le dérèglement climatique que par la manière dont nous y faisons face. Pas tant inquiète par les rapports du Giec que par le fait que nous ne fassions rien de ces études. »
Au contact de nombreux jeunes de sa génération, l’intéressée argue que conscientiser la catastrophe à venir, c’est « savoir être un adulte dans ce monde ».
C’est dans cette optique que Melati Wijsen, militante qui se bat depuis ses 12 ans contre la pollution plastique à Bali (Indonésie), s’est rendue à Bakou deux semaines avant le lancement du sommet onusien. […]
Comme elle, Ahmed Ag Mohamed, jeune Touareg de 28 ans vivant à Tombouctou (Mali), assiste au grand raout climatique dans l’espoir que des engagements forts soient pris en matière d’investissements pour le continent africain […]
Il y croisera le chemin de la délégation autochtone brésilienne, dont Thaline Karajá fait partie : « La COP29 sert les puissants, les politiciens, les célébrités, les hommes d’affaires ; ce sont eux qui prennent les décisions à notre place. J’espère qu’ils nous écouteront. » Son peuple, les Karaja, vit au cœur de l’Amazonie, dans l’État de Tocantins (Brésil), […]
Contre vents et marées, garder espoir
[…] Selon une étude publiée le 15 octobre par « The Lancet Planetary Health » et réalisée auprès de près de 16 000 jeunes Américains de 16 à 25 ans, 85 % d’entre eux s’estiment inquiets du changement climatique et de ses effets sur les personnes et la planète. Près d’un sondé sur deux affirme même que cette situation a un impact sur sa santé mentale.[…]
Cette situation désole Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies pour les défenseurs de l’environnement : « Après être passés devant un tribunal, beaucoup de jeunes décident de cesser leur activisme. Ils n’iront plus manifester à cause de l’impact sur leurs études, voire leur avenir. Ils pourraient par exemple se retrouver avec un casier judiciaire et se voir interdire de postuler à un emploi public, précise le fonctionnaire onusien. Cette jeunesse qui se mobilise est empêchée de continuer à militer. Or, ils sont la relève des vieux militants que nous sommes. »
Plusieurs semaines avant le top départ de la COP29, plusieurs militants pro-climat ont été emprisonnés en Azerbaïdjan. Pour Melati Wijsen, Ahmed Ag Mohamed et tous les autres, cette menace ne fait que les galvaniser.
Antoine Portoles. Source (Extraits)