Après auditions…

… la défense bancale de Gabriel Attal et Bruno Le Maire sur l’immense déficit public.

Plus de 50 milliards d’euros de dérapage des comptes publics en à peine neuf mois. Tel est l’incroyable bilan de cet exercice budgétaire 2024, où le déficit public, prévu à 4,4 % dans la loi de finances initiale, devrait in fine s’établir à 6,1 % du PIB.

À titre de comparaison, les montants perdus sont l’équivalent de ce que l’exécutif souhaitait économiser en cumulé lors des six prochaines années grâce à la réforme des retraites votée en 2023 décalant l’âge de départ à 64 ans…

Comment un tel désastre budgétaire a-t-il pu se produire ? Et qui sont les responsables ? La mission d’information sur la dégradation des finances publiques de la commission des finances du Sénat tente de comprendre. […]

Dans le cadre de leurs travaux, ils ont auditionné les 7 et 8 novembre trois des personnages centraux qui étaient aux manettes durant les neuf premiers mois de 2024. Dans l’ordre : Bruno Le Maire, ancien ministre de l’économie et des finances, Thomas Cazenave, ancien ministre délégué aux comptes publics, et Gabriel Attal, ancien premier ministre.

Disons-le tout de suite : c’est peu dire que les trois anciens ministres ont rejeté la faute. À l’écoute de ces auditions, il nous est même régulièrement revenu à l’esprit ce fameux sketch des Inconnus où la caricature d’un homme politique joué par Didier Bourdon affirme être « responsable, mais pas coupable » de ses méfaits.

Le premier responsable – qui a bon dos – du creusement du déficit serait en fait l’administration, selon les anciens ministres. En particulier les services de Bercy et ses modèles de prévision des déficits.

Pour étayer leurs propos, ils se sont tous les trois appuyés sur une note de l’Inspection générale des finances (IGF) qui estime que « 80 % » du dérapage est dû « à une erreur d’évaluation des recettes fiscales », soit plus de 40 milliards d’euros manquants in fine dans les caisses, « sur lesquelles ni le ministre ni le politique ne se prononcent », a justifié Bruno Le Maire.
Les 20 % restant seraient liés à la hausse non prévue par l’exécutif des dépenses de fonctionnement des collectivités locales.

Concernant l’erreur d’estimation de Bercy sur les recettes fiscales, celle-ci serait due à des « facteurs externes » que sont la crise du covid et la crise inflationniste, qui auraient tout déréglé dans les modèles de prévision, a poursuivi l’ancien ministre de l’économie et des finances.

Et l’administration aurait alors échoué à prévoir correctement « l’élasticité des recettes à la croissance », c’est-à-dire le niveau des rentrées fiscales généré par l’activité économique. […]

« Ma responsabilité vis-à-vis des Français ne consistait pas à semer la panique », avait déjà expliqué Bruno Le Maire. « Les services incitaient à la prudence et recommandaient de ne pas communiquer », a dit de son côté Gabriel Attal face aux sénateurs.   […]

Ainsi, la situation budgétaire a pourri progressivement et le nouveau gouvernement de Michel Barnier a annoncé à l’automne un plan d’austérité de 60 milliards d’euros en 2025, le plus rude de l’histoire récente. Une véritable saignée pour les services publics et le modèle social. Tel est le résultat d’un an d’inconséquence budgétaire. 


Mathias Thépot . Mediapart. Source (extraits)


Une réflexion sur “Après auditions…

  1. Danielle ROLLAT 09/11/2024 / 20h46

    « responsables, mais pas coupables ».. on connait la chanson..

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.