11 novembre

Respecter ce jour de mémoire mais aussi parce qu’il est férié

Avec ses dix millions de soldats morts, la guerre 14-18 a été une des plus inhumaines.

Parmi ces morts 500 000 soldats venus des colonies, qui ont été enrôlés plus ou moins de force. Le continent africain lui a fourni 165 000 citoyens de l’Afrique Occidentale française (AOF), 18 000 de l’Afrique Équatoriale française (AEF), plus de 172 000 Algériens, près de 100 000 Tunisiens et Marocains et 40 000 Malgaches. Ils ont été engagés à la fois sur le front de France, aux Dardanelles et sur le front d’Orient (les Balkans).

Le 16 avril 1917, 15 000 tirailleurs sénégalais sont lancés — véritable chair à canon — en première ligne, à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames. À la fin de cette journée effroyable, près de 1 400 tirailleurs sénégalais, sont tombés sous le feu des mitraillettes allemandes. 

Une dizaine de jours plus tard, l’offensive n’est toujours pas terminée, les combats ont entraîné la mort de 30 000 soldats français, dont 7 500 tirailleurs sénégalais, soit environ 45% des effectifs engagés.

Des bras pour les usines

Le Maghreb n’a pas seulement contribué à l’effort de guerre dans les tranchées, mais également en fournissant des milliers de bras pour les usines. 

Durant quatre ans, l’Afrique du Nord va envoyer 180 000 travailleurs dans l’Hexagone, afin de remplacer la main-d’œuvre masculine partie au front, dont beaucoup vont rester sur place après la fin des hostilités.

Les premiers quartiers historiques maghrébins de France se sont constitués à cette époque : la Goutte d’Or à Paris ou encore Vénissieux à Lyon.

C’est à la suite à la Première Guerre mondiale que date l’immigration maghrébine en France.


4 réflexions sur “11 novembre

  1. bernarddominik 11/11/2024 / 8h50

    Oui une triste réalité, après la saignée de 1914-1918 la France manquait de main d’œuvre pour son industrie, elle a largement fait appel aux maghrébins, cela, c’est amplifié à partir de 1945 et le début du grand essor industriel les 30 glorieuses.

  2. Danielle ROLLAT 11/11/2024 / 15h39

    Le grand père de mon conjoint est tombé lors de la bataille de la Somme en 1916.. avec des milliers d’autres.. Après bien des recherches, ses petits enfants ont découvert 70 ans plus tard, qu’il reposait dans la nécropole nationale de Lion’s en Péronne.. triste mais nécessaire pélerinage, pour le devoir de mémoire, et l’apaisement..

  3. raannemari 11/11/2024 / 18h43

    N’oublions pas les 8,9 millions pour les civils.

  4. RBlaplume 12/11/2024 / 0h02

    Il faut souligner la présence également des hommes de l’Indochine sur le champ de bataille.
    Il est indispensable de se rappeler du rôle des femmes qui ont assumé les deuils d’un mari, d’un frère, d’un fils.Les femmes ont remplacé les hommes aux champs, dans les usines, dans les transports, dans les établissements scolaires, dans les hôpitaux et les infirmeries ainsi que sur les champs de bataille. Elles y ont perdu la vie.
    La charge de la famille a reposé sur elles et les adolescent(e)s.
    Les femmes ont été dignes, courageuses, et ont répondu présentes durant le conflit et après le conflit.

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