… ériger une statue de Bigeard à Toul !
Ainsi, ils ont osé. Malgré une mobilisation citoyenne – argumentée – d’une rare intensité, la municipalité de Toul, appuyée sur tout ce que la « nostalgérie » compte encore de défenseurs acharnés, est passée à l’acte. Ce matin 24 octobre, une statue de Marcel Bigeard en tenue de para, le regard fièrement fixé sur l’horizon, en mâle conquérant, vient d’être posée sur son socle, au cœur de la ville.
Le prétexte de cet hommage tardif ? Bigeard, natif de la ville, est présenté comme une « gloire » locale. Et alors, pourrait-on répliquer, « être né quelque part » ne donne strictement aucun droit à un quelconque hommage.
- Le maire de Toul joue-t-il sur la capacité d’oubli des Français ?
- Ou bien est-il lui-même ignorant en Histoire ?
Il faut lui rappeler alors qui fut cet officier français, engagé dans deux aventures coloniales, Indochine et Algérie, meurtrières pour les populations concernées, mais aussi traumatisantes pour ceux des Français qui y furent jetés, catastrophiques presque vingt ans durant pour la renommée de la France.
Donc, rappeler, rappeler encore ce que fut, ce que fit Bigeard : un tortionnaire, dénoncé comme tel durant ces deux guerres, preuves incontestables à l’appui, un homme qui organisa et couvrit de son autorité des tortures, des assassinats (le peuple algérien n’a pas oublié les « crevettes Bigeard », ces patriotes précipités du haut des hélicoptères dans la Méditerranée), plus tard un politicien qui usa et abusa de la notion de « race blanche ».
L’obstination de la municipalité de Toul rencontrera la nôtre. C’est désormais une protestation nationale qu’il faut mettre en place, assortie de nouvelles rencontres d’information. Tous les citoyens épris de justice – et de vérité historique – doivent élever le ton. Et, pourquoi pas, aller vers une manifestation d’ampleur nationale.
L’Association Histoire coloniale et postcoloniale sur le site de l’ACCA : http://acca.1901.org/spip.php?article189
Merci à Tatchou92 pour nous avoir signalé cette info
Chacun choisit ses héros.
Mais celui-là surprend.
Dans ses mémoires, il se donne le beau rôle du soldat juste et généreux.
Effarant !