L’auteur nous confie gentiment son émoi et le doute de tous les amants
Vous êtes si jolie !
Laissez-moi
Vous regardez, Julie,
Sans effroi ;
Vos regards, que j’appelle,
Sont si doux !
Je vous aime, cruelle ;
M’aimez-vous ?
Vos cheveux que je presse,
Sont si longs !
Vos bras, que je caresse,
Sont si ronds !
Et vos petits doigts roses,
Entre nous,
Promettent tant de choses…
M’aimez-vous ?
Col blanc, taille mignonne,
Que d’appas!
Vous devez être bonne,
N’est-ce pas ?
Laissez tomber ces voiles
Si jaloux…
Ciel ! je vois les étoiles !
M’aimez-vous ?
Ce beau sein sur ma bouche,
Qu’il est pur !
Ce bouton que je touche,
Qu’il est dur !
Ah! laissez-moi descendre
Au-dessous ;
Laissez-moi vous surprendre…
M’aimez-vous ?
Richesses inconnues
Je vous vois !
Vos beautés toutes nues
Sont à moi !
Poussons, poussons, ma mie,
Les verrous ;
Je souffle la bougie…
M’aimez-vous ?
Aidez-moi, ma petite…
C’est cela…
Plus doucement… plus vite…
Halte-là !
Au diable soit… courage…
La vertu !…
Ah ! ah ! déjà ! je nage…
M’aimes-tu ?
Gustave Nadaud 1820-1893