Le contrôle du culte

Pour fêter le troisième anniversaire de leur retour au pouvoir, les talibans afghans ont soufflé les bougies à leur façon : très fort, et en envoyant toute la cire brûlante sur les femmes. Déjouant une fois encore tous les pronostics des « analystes » qui prédisaient en août 2021 une nouvelle ère talibane déconstruite et inclusive, les super-barbus ont promulgué la semaine dernière une énième loi destinée à « prévenir le vice et promouvoir la vertu ».
Principales visées, sans surprise aucune, les Afghanes.

Après avoir été contraintes de se voiler entièrement le corps et le visage dès qu’elles sortent de leur domicile, privées d’études au-delà de 12 ans, bannies des parcs et jardins, des bains publics, des salles de sport, privées des emplois en contact avec le public, interdites de voyager non accompagnées d’un parent mâle, les femmes n’ont désormais plus le droit de sortir de chez elles sans un « tuteur » masculin, de regarder un homme qui ne soit pas de leur propre famille, de se parfumer ou de se maquiller, ni de chanter ou de lire à voix haute en public.

L’idéal féminin à la sauce charia : invisibles, muettes, aveugles, immobiles.

Logiquement, face à ces directives aussi effrayantes qu’aberrantes, la première réaction de tout observateur à peu près équilibré serait de vriller son index sur sa tempe en criant « au fou ! ». Et de demander à l’auteur de cette loi et à ceux qui l’ont promulguée ce que les femmes leur ont fait et au nom de quoi ils tiennent tant à les enterrer vivantes. Ici, c’est inutile. On sait que c’est au nom de Dieu – qui plus est dans un pays de « traditions » -, donc, tout est normal.

Moyennant quoi, l’Union européenne s’est mollement contentée de se déclarer « consternée », tandis que l’ONU a fait part de sa « préoccupation » aux talibans, qui ont dû être très impressionnés par une telle fermeté. Les femmes d’Afghanistan, elles, conscientes qu’elles sont de nouveau prisonnières d’un asile psychiatrique où les psychopathes ont pris Le pouvoir, ont décidé de se débrouiller toutes seules et, à l’image des Iraniennes défiant ouvertement les mollahs, de se filmer en train de chanter et de lire des poèmes.

L’existence de Dieu – ou de dieux – est l’une des nombreuses fables que l’on raconte aux enfants pour les endormir ou les faire tenir sages. Mais c’est la seule à laquelle ils continueront de croire, jusqu’à l’absurde pour beaucoup, longtemps après avoir atteint l’âge de raison.
Ce qui fait de la foi, cette obsession pathologique consistant à s’adresser inlassablement à un ami imaginaire et à penser que l’on vivra éternellement, une forme évidente de folie. C’est même l’affection psychiatrique la plus largement répandue – et la plus vivement encouragée et célébrée – au monde.
Depuis que nous avons publié sur notre site Internet, le 16 août dernier, un dessin de Juin représentant la Vierge Marie atteinte de la variole du singe, nous sommes inondés de lettres et de messages de catholiques nous vouant aux flammes de l’enfer, tout en priant pour notre salut. L’écrasante majorité de ces courriers feraient les délices de n’importe quel psychiatre.

Si la foi n’a d’autres conséquences que celles que produit tout délire lorsqu’elle se cantonne à l’intime, elle devient très dangereuse quand on prétend en faire un outil de contrôle social et politique. Ce d’autant plus qu’elle n’est pas vue, justement, comme un type de démence, mais au contraire comme une manifestation de « spiritualité » communément jugée indispensable à l’équilibre humain.

Certes, on nomme certains croyants plus excités que d’autres « fous de Dieu ». Mais c’est sous-entendre que la folie serait une exception dans la religion, alors qu’elle est bien souvent la règle. Cela offre aux dictatures religieuses un énorme avantage sur toutes les autres : bien peu s’autorisent à critiquer tes dogmes sur lesquels s’appuie leur pouvoir absolu et qui servent à justifier leurs crimes. Dieu est le meilleur alibi des tueurs en série.


Gérard Biard. Charlie Hebdo 04/09/2024


Tout faire en France pour que la laïcité, ait ses droits, de tous ses droits respectés. C’est le seul moyen pour que tous les cultes représentaient en France cohabitent en paix. MC


2 réflexions sur “Le contrôle du culte

  1. rblaplume 15/09/2024 / 11h06

    La LAÏCITÉ, au même titre que la Loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l’État, est un élément essentiel de notre République. La LAÏCITÉ recouvre la philosophie d’une société harmonieuse dans laquelle le primat de l’humain l’emporte sur toutes autres considérations religieuses, économiques, de politicailles. Elle doit permettre la concorde et la paix. Le vivre ensemble, slogan à la mode pendant de nombreuses années, a éludé la notion de Citoyens et Citoyennes pour initier des communautés de personnes comme sur les réseaux « sociaux ».
    Nous sommes des Citoyennes et des Citoyens qui vivent dans la cité sans distinction de quoi que ce soit si ce n’est le statut de citoyens libres et égaux.
    Instruction, éducation, esprit critique et la raison sont les maîtres mots pour lutter contre les fanatismes, les doctrines idéologiques qui prônent la destruction de l’autre humain perçu contre un ennemi à détruire.
    Ce n’est pas anodin que les prosélytes s’évertuent à détruire d’abord l’École. L’Afghanistan en est un exemple de l’actualité.
    D’autres exemples dans les nouvelles diffusées par les médias nous invitent à la réflexion notamment concernant les violences faites aux personnes vulnérables. Les femmes, sur tous les continents, paient un lourd tribut à la violation des droits attachés à l’être humain. Les enfants sont aussi l’objet de la violation de ces droits inaliénables !
    Notre École publique se doit d’être laïque. Pour les partisans de la confusion, de la falsification de l’Histoire, des affrontements divers, la jeunesse est le point d’entrée pour déstabiliser une société.
    La jeunesse ne peut connaître la LAÏCITÉ si l’École publique, en premier lieu, n’a pas des personnels formés et convaincus de cette philosophie. Dans un deuxième temps, il est indispensable que le triptyque Liberté, Égalité, Fraternité au fronton des Mairies et des Écoles de notre République soit une réalité tangible et non négociable dans notre vie publique et politique !
    Comme d’autres vocables, la LAÏCITÉ est instrumentalisée par des partis politiques, de groupes divers, parfois d’horizons opposés, qui l’ont privatisée pour des desseins de petite grandeur partisane auxquels je ne peux m’associer.
    RBLAPLUME

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.