Itamar Ben Gvir, facho devant

Au registre des fanatiques haineux et autres brutes adeptes d’épuration, d’oppression et de tyrannie qui souillent l’Histoire de leurs doctrines criminelles, l’Israélien Itamar Ben Gvir est un spécimen qui, à plusieurs égards, se rapproche de monstres tels que Slobodan Milosevic ou Heinrich Himm… oups, pardon (1).

Né en 1976 à Jérusalem de parents juifs irako-kurdes tout à fait normaux (c’est-à-dire pas particulièrement religieux), le jeune Itamar a mal tourné à l’adolescence, tombant dans le judaïsme dur et l’extrême droite colonialiste. Il se clame suprémaciste juif, raciste, homophobe, antilibéral et antidémocratique. Il prône une théocratie autoritaire régie par la Loi juive. Le tout lui vaut le titre de « fasciste juif » dans son pays. Un type charmant, quoi.

Du tribunal au gouvernement

Bien sûr, Ben Gvir exclut toute forme de cohabitation avec les Palestiniens.
Son programme. expulser les citoyens israéliens arabes, coloniser la Cisjordanie, annexer la bande de Gaza et en déporter tous les habitants pas encore exterminés. Conquête coloniale, épuration ethnique et déportation de masse : ça relève du crime contre l’Humanité, mais qu’importe.

Honnissant Yitzhak Rabin, dont il applaudit l’assassinat en 1995, il adule en revanche le terroriste Baruch Goldstein, qui massacra des civils palestiniens en pleine prière à Hébron en 1994. En 2014 pendant un pilonnage de Gaza, il est filmé jubilant, dansant et chantant avec quelques ravagés de son acabit : « Gaza est un cimetière, il n’y a pas d’école à Gaza car il n’y a plus d’enfants à Gaza ! » Inculpé une cinquantaine de fois pour incitation à la haine et à la violence, il est condamné en 2007 pour soutien au terrorisme. Et fin 2022, il est nommé ministre de la Sécurité nationale par Netanyahou.

Sadique de choc

Désormais, il s’en donne à cœur joie : provocations répétées sur l’esplanade des Mosquées, discours nauséabonds, appui aux colons armés lançant des pogroms dans les villages palestiniens, demande aux flics et aux soldats de tirer sur les indigènes qui protesteraient. Le nombre de gens raflés arbitrairement en « détention administrative » (sans inculpation ni procès, pour une durée indéterminée) explose.

En charge des prisons, Ben Gvir durcit le régime carcéral, juste pour les Palestiniens : deux mètres carrés par détenu, pas de radio, électricité coupée, pas de couvertures, plus aucune visite des familles ou de la Croix-Rouge, nourriture clairement insuffisante et sans la moindre viande.

Un gardien trop humain ayant donné à un prisonnier politique palestinien affamé une ration un peu carnée réservée aux taulards juifs subit des sanctions approuvées par le cabinet Ben Gvir. S’ajoutent les brutalités et les viols. Bref, « un niveau d’abus encore jamais vu », selon une ONG israélienne.

Too mach, même pour les États-Unis

Quand Ben Gvir dérape trop et que même les Etats-Unis s’en alarment, Netanyahou le rappelle à l’ordre, pour la forme. Sans le limoger, surtout, histoire de ménager la frange d’extrême droite qui lui vaut d’être encore au pouvoir et pas encore en cabane. Et tant pis si son gouvernement comprend une ordure fasciste et fanatique qui rappelle quand même un peu le Troisième Rei… ah non, pardon ! (2)


Laurent Flutsch. Vigousse. 30/08/2024


Notes:

  1. Selon le dogme de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD), « l’établissement de comparaisons entre la politique Israélienne contemporaine et celle des nazis » est automatiquement antisémite. On l’a échappé belle !
  2. Avant de jeter l’anathème en se drapant dans la mémoire de la Shoah, la CICAD est priée de répondre à une question : les victimes Juives d’hier se sentiraient-elles plus proches des persécutés d’aujourd’hui, ou de leurs bourreaux fascistes ? Question subsidiaire : dénoncer ceux qui, même Israéliens, pratiquent l’oppression raciste assortie d’atrocités, n’est-ce pas justement respecter la mémoire de ceux qui en subirent tant II y a 80 ans ? Vous avez 80 ans pour répondre.

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