Du courage…

Dans ce procès dit « Pélicot » ou « de Mazan », l’avocat général souhaitait un huis clos.

Les parties civiles s’y sont opposées avec cet argument « ce n’est pas à nous victimes d’avoir honte, il faut que tout soit public ».

Nous devons voir dans cette volonté un grand courage pour exiger que l’audience soit publique, que soit exposé le subit de tant de bassesses humaines.

Encore faut-il avoir bien mesuré dans quel contexte, dans quel climat, cela va être public, de même bien « calibrer » les effets que va avoir le retentissement médiatique.

51 hommes sont depuis le 2 septembre 2024 devant la cour criminelle du Vaucluse, à Avignon.

Tous accusés d’avoir violé la même femme, sous le regard et à la demande d’un mari qui leur livrait un corps inconscient, soumis chimiquement. Elle, c’est Gisèle Pélicot, 72 ans, victime de la barbarie d’un homme en qui elle avait toute confiance.

Durant neuf ans, elle a été violée chez elle par ces inconnus que le père de ses enfants recrutait sur Internet. Ces hommes n’ont en commun ni le milieu social, ni la profession, ni l’âge, ils sont tristement banals. Tous consacrant l’expression de « Monsieur Toutlemonde » ou celle du « bon père de famille » poli et aimable. Tous des hommes venus violer une femme inconsciente.

« Je veux que la honte change de camp », affirme la victime, donnant une force phénoménale à cette tournure parfois galvaudée.

Le refus du huis clos est un acte d’une immense dignité, que Gisèle Pélicot, entend faire pour « toutes celles qui pourront être victimes ».


Article composite. Pour une partie Télérama July Vergely. N° 3896. 11/09/2024


Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.