Surnommé « sleep divorce » aux États-Unis, où plus d’un tiers des couples font chambre à part, le phénomène ne concerne que 10 % de Français.
Rencontre avec ces avant-gardistes qui bousculent les codes de la conjugalité, au nom de la qualité du sommeil de chacun
Cette nuit-là, Catherine a attendu que Xavier s’endorme pour rallumer son portable et lancer son dictaphone. Le lendemain, le son qu’elle a enregistré — un râle à faire trembler les murs — est devenu la sonnerie de son téléphone. « C’était une manière un peu drôle de lui faire comprendre que le bruit de ses ronflements m’était devenu insupportable », raconte en souriant cette brocanteuse de 56 ans, en couple depuis dix-sept ans avec un juriste du même âge.
Début 2020, le Covid, que Catherine a attrapé, a eu un effet secondaire inattendu.
Pour ne pas contaminer Xavier, elle s’est isolée un mois dans une autre pièce de la maison — et l’horizon s’est élargi. Terminées, les nuits hachées par les ronflements de moteur d’avion. Finies, les jambes qui tremblent de fatigue au réveil. Alors, quand le binôme s’est installé dans une nouvelle maison il y a un an, Xavier a proposé à Catherine de faire chambre à part.
Lui s’est aménagé la chambre qu’il a toujours voulu décorer à sa guise et son épouse un studio, avec un lit et une salle de bains ouverte. Si la chaleur du corps de l’autre leur manque encore parfois au milieu de la nuit, ils ont trouvé dans cet aménagement d’indéniables bénéfices : « Des nuits reposantes et un profond sentiment de liberté. »
Catherine et Xavier ne sont pas les seuls Français à vivre en couple sous le même toit sans pour autant partager le même lit.
En 2021, d’après l’Institut français d’Opinion publique (Ifop), 10 % d’entre eux faisaient chambre à part, contre 8 % en 2014. Si la pratique se banalise avec l’âge (elle concerne 21 % des personnes de 65 ans et plus, contre 1 % des 18-24 ans), elle attire actuellement 6 % des Français interrogés.
Ce qui les y incite ? La recherche d’un sommeil de qualité et le respect des rythmes de chacun. Ce qui les retient ? Leur niveau de vie, qui ne leur permet pas toujours de s’offrir une pièce en plus, surtout quand ils ont des enfants. Et aussi l’idée, bien ancrée dans notre imaginaire collectif, que lorsqu’un couple ne partage plus la même couche, c’est qu’il va mal.
Pourtant, le concept de lit conjugal est une invention plutôt récente : « Au XIXe siècle, dans l’aristocratie et la bourgeoisie, les mariages étaient arrangés ou d’intérêt. L’homme et la femme ne couchaient pas dans la même chambre », rappelle le sociologue François de Singly. […]
La fin de la sexualité ?
Outre-Atlantique, on a complètement dédramatisé la question. D’après une étude de l’Académie américaine de Médecine du Sommeil, plus d’un tiers des couples dorment régulièrement dans deux chambres séparées. Là-bas, le « sleep divorce » (le « divorce du sommeil ») à ses adeptes […]. Des médecins et des psychologues leur donnent raison : à longueur d’études, ils soulignent la corrélation entre la privation de sommeil et la dégradation de la santé physique et mentale, la propension à générer des conflits avec son partenaire ou encore la difficulté à comprendre les émotions de l’autre.
Quant à l’idée reçue selon laquelle faire chambre à part rimerait avec la fin de la sexualité… « Croyez bien que si vous êtes en couple et que vous avez tous les deux « envie » de coucher ensemble, vous trouverez un moyen de le faire ! Et ce, même si vous ne partagez pas le même lit », balaie Jennifer Adams, autrice australienne […]
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Henri Rouillier. Le Nouvel Obs (extraits) N° 3128. 05/09/2024
Les ronflements sont dus à la position horizontale, on ne ronfle pas debout ou assis. Il existe des oreillers spéciaux et des lits où on peut remonter la tête. Dans mon cas ça a résolu le problème.
Nous avons acheté le même lit.. avec 2 matelas individuels.. je surélève aussi pour les pieds..Extra..