C’est-y pour manger tout d’suite …

… ou faut vous l’envelopper Mr le président, vot’ paquet de m…   ?

Suite à la diffusion d’une enquête de « Cash Investigation » sur les liens troublants entre McKinsey et la campagne d’Emmanuel Macron


Le 17 septembre, l’émission « Cash Investigation » a diffusé des révélations troublantes concernant l’implication présumée du cabinet de conseil américain McKinsey dans la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017. Ces nouvelles informations viennent renforcer les soupçons de financement illégal qui pèsent sur la campagne, d’autant plus que la loi française interdit explicitement aux entreprises d’apporter leur soutien aux candidats.

Au cœur de cette enquête se trouvent des échanges de courriels entre Karim Tadjeddine, directeur associé de McKinsey, et Emmanuel Macron. Tadjeddine, qui a collaboré avec Macron dès 2007 en tant que membre de la commission Attali, a toujours soutenu qu’il avait agi bénévolement pour promouvoir les idées libérales du candidat. Toutefois, les échanges révélés par « Cash Investigation » jettent un doute sur cette affirmation. Ils montrent que, durant les années 2016 et 2017, plusieurs cadres de McKinsey étaient en contact direct avec le candidat, contribuant à des projets clés d’En Marche, le mouvement politique fondé par Macron.

L’opération, nommée « Chicxulub » — du nom du cratère mexicain associé à l’extinction des dinosaures — symbolisait l’ambition d’En Marche de bouleverser le paysage politique français.

Un ancien proche du président, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confié à « Cash Investigation » qu’il avait ressenti des doutes éthiques quant aux relations entre McKinsey et la campagne dès le début des préparatifs.

Ces révélations ne sont pas nouvelles, mais elles viennent corroborer des enquêtes antérieures, notamment celles de Mediapart, qui avaient déjà mis en lumière l’implication du cabinet de conseil dans les coulisses de la campagne présidentielle.

La question qui se pose alors est celle de la légalité de ces interactions, surtout dans un contexte où les règles de financement de la vie publique sont strictes.

Karim Tadjeddine, qui a piloté l’opération « Chicxulub », était conscient des risques que cette implication pouvait engendrer. Malgré cela, les relations entre McKinsey et le candidat se sont intensifiées, culminant avec l’élection de Macron en 2017.

Une fois « le poulain » au pouvoir, le cabinet a intégré les catalogues officiels qui lui ont permis d’accéder à des marchés publics stratégiques, influençant ainsi les politiques publiques dans des domaines cruciaux tels que la gestion de la crise du Covid-19, les finances publiques et même l’éducation.

Ainsi, l’enquête de « Cash Investigation » met en lumière une affaire complexe qui pourrait avoir des implications profondes sur l’avenir politique d’Emmanuel Macron et sur la manière dont les entreprises de conseil interagissent avec le monde politique.


D’après un article d’Antton Rouget paru dans Médiapart


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