Un peu de douceur dans un monde de brutes ?
Les Français s’aiment-ils de nouveau ? Jusqu’ici, tout va bien dans ces JO. Une seule ombre au tableau : la présence irritante d’un trublion ! Depuis plus d’une semaine, ce quidam se croit tout permis. Il saute au cou de nos médaillés, console les perdants, harcèle les champions, les prend par la nuque, multiplie câlins et papouilles. On l’a même vu se peindre les pommettes en bleu-blanc-rouge, imité par la démissionnaire ministre des Sports, Oudéa-Castéra, qui se montre elle aussi très tactile avec les invités au podium. Mais que fait la police ?
Aux dernières nouvelles, elle aurait identifié le trouble-fête, un certain Macron Emmanuel, domicilié à Paris, qui ne cesse de faire la navette entre le fort de Brégançon (Var) et l’Elysée. Une rumeur locale prétend même qu’à la moindre médaille française il lance à son épouse : « Brigitte, fais les valises ! » Retour à Paris !
Les raisons de cette excitation ?
D’abord les manigances de Gabriel Attal, futur ex-Premier ministre, resté dans la capitale, qui imaginait profiter de l’absence du patron pour la jouer perso, recruter des supporteurs et devenir chef à la place du chef. Ensuite et surtout les JO : pas question pour Macron d’être absent des écrans, la « trêve olympique », c’est pour les autres.
Partout il tape l’incruste, appliquant la formule bien connue de nos lecteurs : « Ma binette partout » ! Essoré dans les urnes, il compte se refaire sur les podiums. A la fin de la journée, c’est toujours lui qui gagne.
S’il le pouvait, il ferait déplacer la superbe flamme-montgolfière des Tuileries au-dessus de l’Elysée, histoire de faire ruisseler la lumière. Pour l’instant, sa cote de popularité a augmenté de… 2 points.
Vive, donc, la fête olympique avec de vrais morceaux de beauté dedans ! Les escrimeurs descendant l’escalier monumental du Grand Palais, l’enthousiasme des foules, l’ambiance bon enfant, les larmes de joie, le sacre de Teddy Riner, roi des tatamis, Léon Marchand, la torpille aux quatre médailles d’or, nous feraient presque oublier que les finances publiques prennent l’eau.
Le patriotisme revient à la mode, les olympicosceptiques se taisent, les réfractaires au sport rasent les murs, les allergiques aux hymnes nationaux restent dans leur lit douillet — on en connaît, au « Canard », mais on ne donnera pas les noms.
Hélas ! loin des fan-zones et des club-houses, une jeune pousse de la politique est à la peine : Lucie Castets, 37 ans, désignée par le Nouveau Front populaire pour occuper le fauteuil de Gabriel Attal à Matignon, cherche à se faire connaître sans trêve ni répit.
Interviews, visites de marchés et de quartiers populaires, virée près d’Orléans pour saluer la reprise de l’usine Duralex par ses salariés : cette idéaliste veut percer en plein mois d’août, c’est son job estival.
Son chemin est pourtant semé d’embûches et de mines délicatement posées par ses alliés de La France insoumise, qui jugent « inapplicable » son programme fiscal.
Coup dur pour cette haute fonctionnaire spécialiste des finances.
Pas sûr que ses rêves matignonesques survivent à la pause estivale.
Quoi qu’il arrive, elle aura vécu un beau moment.
Magique et éphémère comme un amour d’été !
Frédéric Pagès. Le Canard enchaîné. 07/08/2024
Elle n’est malheureusement pas « insoumise »…