Premier ministre : une affaire de jours

Depuis l’éviction de l’hypothèse Lucie Castets à Matignon, le portrait-robot du futur Premier ministre se dessine. Celui d’une personnalité consensuelle et expérimentée, plutôt de centre gauche, tient la corde. Réponse sans doute avant dhnanche, même si Emmanuel Macron ne dit rien.


La présidente des Régions de France, la socialiste Carole Delga, et le président des maires de France, le LR David Lisnard, seront reçus l’un après l’autre ce jeudi matin par Emmanuel Macron dans le cadre des consultations qu’il mène pour trouver un Premier ministre.

S’afficher avec les élus locaux n’est pas neutre pour le chef de l’État. « Ce sont des personnalités en avance sur l’esprit de coalition ; ils ont l’habitude de travailler avec tout le monde », explique l’Élysée.

Fumée blanche dimanche ?

L’hypothèse d’un gouvernement composé d’élus locaux chevronnés est portée par certains auprès du chef de l’État. Sera-ce le cas ? La fabrique du choix présidentiel est un processus complexe et obscur, même pour ses proches.

Après près de deux mois de flottement, l’annonce du remplaçant de Gabriel Attal, devrait arriver avant la fin du week-end. Enfin ! Il y a deux urgences : celle, politique et dé­mocratique, du changement voulu par les Français et qui s’incarnera avec un nouveau locataire à Matignon. Celle, plus technique, du budget de l’État qui doit être voté au Parlement à partir du 1e octobre.

C’est d’ailleurs ce budget qui, selon son entourage, conduit le président à nommer une per­sonnalité non censurable, pour que le pays ne soit pas financièrement bloqué. « C’est le premier critère », affirme l’Élysée, la « stabilité institutionnelle ». C’est pourquoi Emmanuel Macron a recalé Lucie Castets, candidate à Matignon pour le Nouveau Front populaire (NFP).

Et maintenant ?

« Le prochain Premier ministre devra avoir une relation avec l’opinion. Il faut que cela soit coûteux pour les députés de censurer une personne que les Français aiment bien », avance une source de l’exécutif. Cela semble exclure un profil comme celui de Didier Migaud, ancien président de la Cour des comptes, en déficit de notoriété.

Depuis plusieurs jours, trois hypothèses circulent : celle d’un gouvernement technique, de hauts fonctionnaires ; celle d’une équipe de centre gauche menée par un leader qui a une bonne image comme l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, ou celle d’un gouvernement classé aussi au centre gauche mais dirigé par une nouvelle génération, moins connue, à l’image de Karim Bouamrane, le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

Un élu de centre droit n’est pas totalement exclu. Le nom de Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, a circulé. « Il souhaite un Premier ministre de droite, craint un éléphant socialiste. Il vaut mieux s’appuyer sur la majorité sénatoriale au Sénat qui ne défera pas les réformes de Macron puisqu’elle les partage. »

Une coalltation

Un chef de gouvernement de centre gauche ou de centre droit aura l’appui du bloc central de l’ancienne majorité et le groupe Les Républicains de Laurent Wauquiez, reçu mercredi à l’Élysée, est ouvert à un travail de collaboration.
« Nous ne serons pas des agents de blocage du pays. Le pays a besoin d’avancer et nous voulons en être les acteurs », a précisé Annie Genevard, secrétaire générale du parti LR, présente aussi à la rencontre avec le président. Le paysage politique, très fragmenté, se meut.
Le NFP voulait une cohabitation et ne l’aura pas. Le président rêvait d’une coalition et ne l’aura pas.
« Ce sera une « coalitation », un mélange de cohabitation et de coalition », résume un conseiller.

Un nouveau mot pour une situation inédite.


Nathalie Mauret. Le Dauphiné Libéré. 29/08/2024


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