Poussières d’étoiles

[…] Après une actualité nationale dense et anxiogène, et alors que la planète se passionne pour les 33esJeux olympiques d’été, nous vous proposons de lever les yeux pour explorer les nouveaux mystères de l’Univers.

Notre passeur pour ce grand périple est un astrophysicien, David Elbaz, directeur de recherche au Commissariat à l’Energie atomique (CEA Saclay) où il pilote le laboratoire Cosmologie et Evolution des Galaxies.


Vulgarisateur hors pair, il nous éclaire sur les bouleversements récents de nos connaissances sur les origines du cosmos. Car depuis les premières découvertes du télescope « Hubble », en 1995,nous vivons « un véritable siècle d’or de l’astrophysique », selon ses mots. Toute la communauté scientifique est en pleine ébullition face aux fabuleuses données en provenance du télescope géant « James Webb », qui gravite en orbite autour du Soleil depuis 2021.

Discipline fascinante s’il en est, l’astrophysique est devenue la science où plus on apprend, moins on sait. Il faut dire que « James Webb », merveille de technologie qui a coûté 10 milliards de dollars et trente-deux ans de travail, a fait voler en éclats toutes les certitudes.

Conçu pour sonder les premières centaines de millions d’années après le big bang, le plus gros télescope jamais envoyé dans l’espace fonctionne comme une machine à remonter le temps. En une poignée d’années, il a bouleversé nos connaissances sur le rôle des trous noirs, qui pourraient être à l’origine de l’Univers.

L’âge du cosmos est aussi remis en cause – il pourrait être deux fois plus vieux que ce que nous avions imaginé comme celui des premières galaxies qui s’avèrent, elles, beaucoup plus jeunes qu’on ne le pensait. Nous découvrons qu’il existe, en plus de la nôtre, plusieurs milliers de galaxies, chacune peuplée de dizaines de milliards d’étoiles. Et ce n’est pas fini : les scientifiques attendent désormais avec impatience les données à venir du satellite « Euclid », qui devrait nous en dire encore plus sur la face cachée de l’Univers…

Conséquence de ce grand chambardement : nous savons désormais qu’il y a des milliards de planètes identiques à la Terre, qui pourraient abriter des formes de vie semblables à la nôtre. Sans compter que d’autres formes de vie ont pu se développer dans des conditions radicalement différentes. C’est en tout cas la conviction de plus en plus de scientifiques, qui comprennent, éberlués, et nous avec eux, que d’autres mondes sont possibles et que la vie y est probable.

L’humanité, qui s’est longtemps crue seule dans l’Univers, a toujours cherché dans les cieux les réponses à ses questions existentielles. La preuve d’une autre forme de vie, l’un de nos plus grands fantasmes comme l’une de nos plus grandes craintes, serait un bouleversement ontologique absolu.

C’est en tout cas plus que jamais le Graal de l’humanité : d’ici à 2040, la Nasa va lancer une mission pour découvrir les autres mondes habitables. L’Europe, de son côté, mettra en fonction, en 2030, le plus grand télescope terrestre, capable de détecter des signaux de vie extraterrestre.


Cécile Prieur. Le Nouvel Obs. N° 3123. 01/08/2024


3 réflexions sur “Poussières d’étoiles

    • Libres jugements 06/08/2024 / 10h20

      Merci Anne pour tes commentaires.
      J’aimerais en faire autant Après les anecdotes que tu mets chaque jour.
      Mais je ne sais pas pourquoi à chaque fois que j’essaie de tenir des propos sur ton blog, je ne puis le valider.
      Sans doute un problème entre adresse mail et mot de passe…
      Amitiés. Michel

  1. raannemari 06/08/2024 / 18h44

    « Nous sommes donc tous des poussières d’étoiles.
    Nous partageons tous la même généalogie cosmique.
    Nous sommes tous les frères des bêtes sauvages et les cousins des coquelicots des
    champs. »
    (Astrophysicien Trinh Yuan Thuan)

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