Pègre

Quand l’orchidée s’épanouit
Les imposteurs se cachent derrière l’étoile
Ils rient gras
Un bruit nauséabond
Ils puent de partout
Des aisselles et de la bouche
Des plis dans le cou
Et de petits yeux rompus au mensonge
Dans mon pays
L’imposture est ordinaire
La mauvaise musique des soirées
Couvre ses méfaits
Les faussaires contournent la loi
Fréquentent les mosquées
Font l’aumône
Ils déterrent les morts pour leur voler
Leurs dents en or
Ils réveillent les vivants pour les dépouiller
En toute impunité.


Tahar Ben Jelloun. Recueil : « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard.


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