Ne pourrais-tu éteindre une seule lune pour que je m’endorme ?
Que je m’endorme, un moment, sur tes genoux et que se réveillent les mots
Pour louer les vagues de ce blé qui croît entre les nervures du marbre ?
Tu m’échappes, gazelle apeurée qui danse autour de moi et danse
Et je ne parviens pas à rattraper un coeur qui mord tes mains et crie : Reste
Que je sache de quel vent se lèvent sur moi ces nuées de colombes.
Ne pourrais-tu éteindre une seule lune que je vois
La vanité de la gazelle assyrienne qui poignarde son chasseur, d’une lune ?
Je te cherche mais ne trouve pas le chemin.
Où est Sumer en moi… et où est le pays de Shâm?
Je me suis souvenu que je t’avais oubliée.
Danse donc au firmament des mots.
Mahmoud Darwich. Recueil : « La terre nous est étroite ». Éd. Gallimard
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