La saison des taxes locales.

Avec la rentrée scolaire, et comme chaque année, les premières feuilles d’impôts locaux ne vont pas tarder à atterrir dans les boîtes aux lettres. La taxe d’habitation ayant disparu depuis 2023 pour les résidences principales — merci Emmanuel Macron ! seule demeure, pour ces dernières, la taxe foncière, qui ne concerne pas moins de 30,4 millions de logements.

Cette année, les valeurs locatives qui servent à calculer son montant vont augmenter de 3,9 %. Un pourcentage qui tient compte de l’inflation 2023 et qui a été voté par le Parlement au printemps dernier. Auquel il convient d’ajouter, pour calculer le montant de la facture finale, un autre pourcentage : le taux de la taxe sur le foncier bâti, fixé, lui, par les conseils municipaux. Sa hausse moyenne est faible cette année : + 1,6 %.

Les élections municipales approchent et, comme à chaque fin de mandature, les élus locaux font preuve d’un admirable souci de modération fiscale.
A quelques exceptions près, comme à Nice, où le taux augmente de 19,2 %, Saint-Etienne, Nancy ou Annecy, où la barre des 14 % va être franchie, ou encore Neuilly-sur-Seine, avec plus 10 %.
Mais le record atteint en 2023 par Anne Hidalgo, avec une hausse de 51,9 %, reste invaincu.

En revanche, les propriétaires de résidence secondaire ne bénéficient pas de la disparition de la taxe d’habitation. Ils continuent de la payer, et nombreux sont ceux qui vont constater que la douloureuse va encore augmenter, et pas qu’un peu.

Feu sur les résidences secondaires

Dans les zones dites « tendues », en clair dans les communes dans lesquelles il existe un déséquilibre entre l’offre et la demande de logements, les municipalités peuvent jouer avec les taux d’imposition comme elles le souhaitent. Cette possibilité concerne aussi bien Paris, Lyon ou Toulouse que les villes ou les villages touristiques. En 2024, grâce à une modification de la réglementation, 3 697 communes sont devenues éligibles à une augmentation du taux, qui peut atteindre 60 %. Un bond que plus d’un tiers d’entre elles vont appliquer.

La liste de ces communes est disponible sur le site de l’administration fiscale. Paris y figure en bonne place depuis l’an dernier, avec 60 % de hausse, comme une grande majorité des stations balnéaires les plus prisées de l’Hexagone et de ses stations de ski les plus fréquentées. Précision : moins de 10 % des 3,3 millions de propriétaires de résidence secondaire figurent sur les listes électorales des communes où ils possèdent une maison ou un appartement de vacances.

Mais ceci n’a sûrement aucun rapport avec cela.


Article non signé lu dans Le Canard enchaîné du 28/08/2024


Une réflexion sur “La saison des taxes locales.

  1. bernarddominik 31/08/2024 / 20h57

    1.6+3.9 ça fait tout de même 5.5% bien plus que l’inflation. Quand les taxes augmentent plus que l’inflation c’est que l’administration (locale état) est incapable de gérer son budget. C’est un appauvrissement

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