Kiev piège Poutine…

… Kourk serait-elle la porte de sortie du conflit Ukraino-Russie ?

Décryptage : Alors que l’offensive ukrainienne se poursuit dans la région de Koursk, la Russie, qui dilapide ses stocks de matériel soviétique, voit exploser la facture de la guerre.

A Kiev, on a retrouvé le moral. Depuis le 6 août, l’armée ukrainienne s’essaie – avec un succès qui l’étonne elle-même – à ce qu’elle n’avait encore jamais tenté : une attaque massive en territoire russe. Loin des modestes escarmouches lancées l’an dernier par des milices de déserteurs russes, cette opération impliquant près de 10 000 soldats ukrainiens a pris le Kremlin à revers.

Plus de 1 000 kilomètres carrés pris en deux semaines dans la région de Koursk, soit l’équivalent de la superficie conquise par la Russie en Ukraine depuis le début de l’année !

 Reposant sur un déploiement inédit de drones d’attaque et un effet de surprise qui avait cruellement fait défaut à la contre-offensive de l’été 2023, l’attaque ukrainienne souligne à la fois l’échec des renseignements, l’aveuglement des états-majors et la médiocre coordination des troupes russes. […]

Objectif symbolique et médiatique

L’offensive est d’autant moins lisible pour Moscou qu’elle ne semble pas poursuivre de buts militaires précis. L’objectif, pour Kiev, est surtout politique, symbolique et médiatique. Alors que le scénario d’une réélection de Donald Trump faiblit depuis l’entrée en lice de Kamala Harris aux Etats-Unis, l’Ukraine a décidé de prendre les devants à trois mois de l’élection présidentielle américaine, afin de consolider sa position à la table des négociations.

Face à la plus grosse attaque sur le sol russe depuis la Seconde Guerre mondiale, le régime de Poutine a dû procéder en urgence à l’évacuation de milliers de civils et subir l’affront de reportages tournés par des médias occidentaux.

Pendant ce temps, l’armée russe continue de progresser à pas de fourmi dans le Donbass à 10 kilomètres de Pokrovsk, ville clé qu’elle assiège depuis trois mois, au prix de pertes humaines effroyables.

Pour Poutine, les soldats morts coûtent désormais presque aussi cher que les vivants. Selon Re : Russia, plateforme dirigée par des scientifiques russes exilés, la Russie aurait dépensé 12 milliards d’euros en un an au titre des compensations aux familles, en plus de 17 milliards pour la paie des soldats.

En se fondant sur les annonces officielles, la presse locale et les réseaux sociaux, le média russe indépendant Mediazona a recensé les noms de 62 000 soldats russes décédés depuis 2022.
Registre des successions russes à l’appui, il estime que le nombre réel pourrait être proche du double.
Certes, le Kremlin n’a pas un problème de nombre : l’armée russe enrôle 25 000 à 30 000 soldats supplémentaires tous les mois, et maintient encore près de 500 000 hommes sur le front selon le Royal United Services Institute, un think tank britannique.

Les pertes de matériel, en revanche, commencent à devenir intenables. Même en consacrant 8,7 % de son PIB à l’économie de guerre, la Russie ne parvient pas à suivre le rythme effréné des pertes de véhicules et de pièces d’artillerie. […]

Monter au feu sans protection

La chaîne de production soviétique a elle aussi disparu – ironiquement, l’Ukraine était autrefois l’un des principaux centres de fabrication d’armes et de composants soviétiques. […]
La Russie, frappée par les sanctions occidentales, peine en outre à se procurer les systèmes électroniques de pointe qu’elle importait auparavant d’Europe.
Depuis quelques semaines, les images de soldats russes montant au feu sans protection, à pied ou à moto et sans arme antichar, se multiplient dans le Donbass. […]


Timothée Vilars. Le Nouvel Obs. Source (Extraits)


Une réflexion sur “Kiev piège Poutine…

  1. bernarddominik 22/08/2024 / 19h12

    Il suffit de regarder une carte de la Russie pour comprendre que Kiev n’a fait qu’une piqûre d’épingle et qu’elle est mal placée pour une opération de revers sur le Donbass. C’est la raison pour laquelle Poutine ne s’en soucie guère, il veut le Donbass et reste ferme sur son objectif. Quant aux équipements, la Chine lui fournit le nécessaire l’embargo n’est respecté que par l’UE et les USA. Le pib de la Russie progresse deux fois plus que celui de l’UE, le Nouvel Obs ferait mieux de réfléchir à ça plutôt que raporter le discours macronien. L’Allemagne à annoncé arrêter ses aides à l’Ukraine, la France n’a aucune réserve financière et devra choisir entre ses habitants et les ukrainiens, quant aux usa qui vivent à crédit rien ne dit qu’ils vont pouvoir continuer à envoyer des milliards à Kiev. Je ne vois nullement Poutine aux abois. Il propose même l’asile politique aux occidentaux mal à l’aise avec une société très permissive.

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