Le calvaire du candidat libre
Il faut être sacrément motivé pour passer le baccalauréat en tant que candidat libre à l’académie de Montpellier. Ces aspirants bacheliers, rappelons-le, ne sont rattachés à aucun établissement scolaire et préparent l’examen par leurs propres moyens. Leurs profils sont divers : anciens élèves de terminale n’ayant pas souhaité, ou pu, redoubler après avoir échoué au bachot, personnes actives en reprise d’études, etc.
Joseph (son prénom a été modifié), résident de Montpellier, s’est donc inscrit en tant que candidat libre auprès du rectorat de l’académie. Heureusement qu’il disposait déjà du permis de conduire, vu le périple qui lui a été imposé !
Jugez plutôt. Le jeune homme est d’abord convoqué le 29 mai à 9 heures au lycée Simone-Veil, à Gignac, à 32 km de Montpellier, pour l’épreuve orale d’enseignement moral et civique.
Le lendemain, rendez-vous à 9 heures au lycée Victor-Hugo, à Lunel, à 30 km de Montpellier, pour passer l’épreuve écrite d’histoire-géo, d’une durée de deux heures.
Mais pas question de s’éterniser sur place, car, à 14 heures, Joseph doit pointer au lycée Joseph-Vallot, à Lodève, à 80 km à vol d’oiseau de Lunel, pour son écrit d’anglais.
Après une nuit passée chez lui, Joseph doit retourner à Lunel le 31 mai, cette fois pour l’épreuve de maths (d’une durée de deux heures), prévue à 9 heures, avant de se rendre de nouveau à Lodève pour l’écrit d’espagnol, qui débute à 14 heures. Olé !
Juste après avoir fait le plein d’essence, Joseph met de nouveau le cap, le 6 juin, sur Lunel pour son oral d’anglais, puis sur Lodève, le lendemain, pour son oral d’arabe. Sachant qu’il est retourné dormir à Montpellier les deux soirs.
Et ce n’est pas tout !
Le 18 juin, notre candidat libre met de nouveau la gomme pour arriver frais et dispos à Lunel, à 8 heures, pour l’épreuve de philo. Avant de poursuivre son odyssée dans sa ville, les 19 et 20 juin, au lycée Jean-Mermoz, pour être évalué sur ses connaissances en économie. Il n’aurait pas pu passer toutes ses épreuves là-bas ? Eh bien non, sinon cela n’aurait pas été drôle !
Les meilleures blagues étant les plus longues, le rectorat lui avait préparé un dernier aller-retour Montpellier-Lunel le 24 juin, histoire de passer son grand oral en toute sérénité.
Contactée par le Palmipède, l’académie de Montpellier n’a pas fourni la moindre explication sur ce chemin de croix imposé aux candidats libres au bac.
Elle redoute les critiques sur le bilan carbone ? Au total, Joseph aura parcouru 684 km en voiture pour passer son examen ! A près de 2 euros le litre d’essence, ça fait cher le diplôme.
Heureusement, le candidat a obtenu le précieux sésame.
Avec la mention » Hérault malgré lui » ?
Article signé des initiales C.B. Le Canard Enchaîné. 14/08/2024
Note : Sans avoir trouvé l’information annonçant ou contestant les affirmations sur d’autres supports, l’article est à lire sous toutes réserves. MC
Rien ne m’étonne dans ce pays miné par l’administration. Mais la justice est pas mal non plus, et là il faut être riche pour obtenir justice.
C’est lamentable..et scandaleux !!
S’il y a des fonctionnaires qui fonctionnent (j’allais écrire ronronnent..), il en est heureusement d’autres sensés, qui font travailler « leur substantifique moëlle » et qui font leur boulot, au mieux des intérêts des usagers, en l’occurence des candidats libres.
L’agent chargé des convocations devait amenager les horaires des déplacements, qui logiquement devaient être validés.. l’aurait-il fait pour son fils ?
Ce sont de telles c.. qui jettent le discrédit sur la profession.