Deux semaines après le début d’une offensive inattendue des forces ukrainiennes, la prise de contrôle d’une petite ville, Soudja, ainsi que d’une station gazière alimentant trois États européens, et de quelque 90 villages de la région du Koursk, une question s’impose : mal informé par le GRU (le service de renseignement militaire russe), Poutine n’a rien vu venir. Mais pourquoi n’a-t-il pas, depuis, envoyé ses avions, ses forces spéciales et quelques bataillons en nombre suffisant afin d’obliger ces Ukrainiens à faire demi-tour et rentrer chez eux ?
« C’est surprenant, voire inexplicable », consent à répondre un vieux routier des ambassades européennes qui ne comprend pas ce « laxisme stratégique ».
Selon les officiers du renseignement militaire, ce n’est, en tout cas, que partie remise. « Poutine ne veut pas dégarnir le front du Donbass, affirment-ils, où ses troupes grignotent 1 km de terre ukrainienne par jour, au prix de lourdes pertes. Et des renforts vont être notamment envoyés à Koursk depuis la presqu’île de Kaliningrad, en mer Baltique. »
Voilà pour l’avenir proche. Mais toujours aucune réponse sur l’étrange retard à l’allumage de Poutine.
Reste qu’il va sévir. Les images de ces 200 000 civils de la région de Koursk fuyant leurs domiciles en abandonnant tout, ou évacués de force par les autorités locales, représentent une terrible humiliation pour le patron de la Grande Russie.
Certains hauts responsables de cet échec vont en faire les frais, à commencer par Valeri Guerassimov, le chef d’état-major, ainsi que le patron du renseignement militaire.
Enfin, Alexeï Dioumine, déjà conseiller du Kremlin, va sans doute diriger une contre-offensive russe.
Son CV est parfait : il a fait une carrière de violent au FSB, dont se souviennent nombre de dissidents, et il adore Poutine.
Claude Angeli. Le Canard enchaîné. 21/08/2024
Il suffit de regarder une carte de Russie pour voir que l’offensive de Kiev n’est qu’une piqûre d’épingle. Poutine laisse Kiev s’embourber, c’est autant de troupes qui ne sont pas au Donbass, Poutine à tout le temps de bloquer son retour en Ukraine.