… Edouard Philippe » « juge » à ses « potes » de droite…
Pour l’ancien Premier ministre qui rêve d’Élysée, la dissolution change les rapports de force. Il a choisi de ne pas aller à l’Assemblée, mais y surveille ses rivaux, de Bruno Le Maire à Gérald Darmanin.
Confidences dsur les « intéressés ».
Avec la dissolution surprise son parti « Horizons » est passé de 28 à 25 députés, son parti et perd moins de plumes que les autres du camp présidentiel… Lui est toujours maire du Havre et ce depuis 2010 (hormis durant son passage à Matignon). […] « Je préfère faire au Havre que commenter à l’Assemblée », jure au « Nouvel Obs » l’ancien Premier ministre.
A la fenêtre de son vaste bureau, où il a gardé le boxeur en bronze offert par l’ex-président russe Dmitri Medvedev, les mouettes ont remplacé les huissiers des palais de la République. Une distance dont il espère tirer profit, pendant que ses adversaires risquent de s’abîmer dans les batailles parlementaires. Lui entend garder son cap, la présidentielle, en observant les manœuvres de ses « potes » de droite restés dans le giron du président.
Depuis Matignon, l’homme a changé [mais] nouvelle tête ne rime pas avec nouvelle personnalité. Edouard Philippe possède encore l’art tout juppéiste de faire sentir à son interlocuteur qu’il n’est pas au niveau, mélange de vrai brio et d’orgueil.
Ne comptez pas sur lui pour trop s’expliquer ou s’excuser. Ni sur son choix de rester en surplomb ni sur ce dîner avec Marine Le Pen, révélé par « Libération », au domicile de son ami Thierry Solère en décembre 2023.
Tout juste lâche-t-il que c’est elle qui a proposé le principe de cette rencontre. Après tout, même Jacques Chirac a dîné avec Jean-Marie Le Pen en 1988, glisse son entourage, oubliant un peu vite que l’ancien président n’en a jamais assumé l’existence. […]
Edouard Philippe n’aime pas l’improvisation, ni qu’on lui dicte son agenda. Il dit : « Dans cette grande indétermination, je préfère disposer d’une grande marge de manœuvre. » La dissolution, « mal pensée, mal préparée, mal expliquée », lui a offert l’opportunité de marquer la distance avec son ancien patron. Avec Emmanuel Macron, les relations se réduisent désormais au minimum […].
Qui sera avec le maire du Havre, qui sera contre lui, et jusqu’à quand ?
Edouard Philippe aime classer les rivaux pour la présidentielle par catégorie :
- ceux qui prétendent vouloir y aller.
- ceux qui se lanceront dans la course.
- ceux qui iront vraiment au bout.
Bruno Le Maire, qui assure « être le seul en France préoccupé par les comptes publics », est rangé dans la première. Pas un rival sérieux, le ministre de l’Économie ? « Mais bien sûr », ironise Edouard Philippe, qui lit sa non-candidature aux législatives dans l’Eure comme une couardise face au risque d’une défaite contre le RN.
Edouard Philippe se montre moins ironique à propos de Gérald Darmanin. Difficile de comprendre ce que souhaite réellement le juppéiste : arrimer le ministre de l’Intérieur en misant sur la complémentarité de son « ami Gérald », qui revendique une « fibre séguiniste », version moderne du gaullisme social ? Ou le tenir à distance, le temps de le contraindre à renoncer à ses propres ambitions ?
Un peu des deux.
Dans l’entourage du Havrais, personne n’ignore que l’ex-maire de Tourcoing ne fonctionne qu’au rapport de force. Darmanin […] a un temps caressé l’idée de rejoindre Horizons, pour prendre la tête du groupe à l’Assemblée et l’élargir en rassemblant le centre droit. Refus poli du maire du Havre. […]
Quant à Attal, ni Philippe ni Darmanin n’ignore que ce rival trentenaire demeure l’un des plus populaires de son camp, y compris chez les électeurs de droite. Mais Edouard Philippe feint de croire à une baudruche gonflée à l’hélium des réseaux sociaux. « J’espère que plein de gens feront de la politique TikTok, comme ça, par contraste… Ça m’ira très bien », sourit-il […].
En privé, il ironise sur les milliards de dette laissés par Attal au ministère du Budget, ou sur ce qu’il restera de son bail à Matignon : « Il a maximisé sa notoriété, ce qui est un actif utile. Mais on ne peut pas dire qu’il a marqué les esprits par son bilan… » […]
Dernier concurrent putatif surveillé de près, Laurent Wauquiez. Dans son bureau, Edouard Philippe a affiché une grande carte de France, où il punaise chaque déplacement effectué. Ni l’Auvergne en général ni la ville du Puy-en-Velay, fiefs du nouveau patron des députés de La Droite républicaine, n’ont été particulièrement visités.
Les deux hommes ne s’adressent pas la parole, mais le Havrais note avec malice que le député de Haute-Loire, hier tonitruant contre Emmanuel Macron, « chemine » aujourd’hui dans son sens en se rapprochant d’une position favorable à un accord de gouvernement.
Dans quelle catégorie Edouard Philippe se classe-t-il lui-même, parmi ces prétendants à l’Elysée ? Réponse crâne : « Dans celle qui gagne. » […]
Il lui faut maintenant prouver que sa candidature relève de l’évidence, pour décourager ses adversaires. « Edouard Philippe, c’est l’arbre au milieu du terrain de foot. On ne peut pas marquer de buts sans taper dedans », tente de convaincre son fidèle compagnon Gilles Boyer dans une hasardeuse métaphore. […]
D’après Camille Vigogne Le Coat. Le Nouvel Obs. N° 3123. 01/08/2024. Source (Très courts extraits)
Un bien futile personnage. Son seul programme c’est lui. Le reste? De l’intendance. Son bilan est tout aussi calamiteux que celui de des successeurs. Un énarque bouffi