Castets de gondole

Celle qui croit dur comme fer à Matignon, ou du moins feint d’y croire malgré la « trêve olympique » décrétée par le Château, c’est Lucie Castets, désignée première-ministrable par la gauche trois jours avant l’ouverture des Jeux.

Dans le vacarme olympique, entre deux remises de médailles retransmises à la télé, les Français ont peut-être furtivement aperçu le chignon argenté de cette énarque de 37 ans qui s’est donné l’été pour imprimer et, même, « former un gouvernement » !

Mais, à Lille, où Castets a effectué son premier déplacement, la maire socialiste, Martine Aubry, n’a pas trouvé le temps pour venir la soutenir, « retenue par les JO ».

Las, Lucie Castets retentera une sortie de terrain mercredi, ce qui n’est pas sans agacer certains de ses collègues de la Ville de Paris. Car la haute fonctionnaire, qui occupe le poste de directrice des finances et des achats de la capitale, a omis de se mettre « en disponibilité », selon les informations recueillies par le Palmipède.

Lucie Castets a tout simplement… posé des congés, et ce, précise la directrice du service de presse de la Ville, « jusqu’au 30 août prochain ». Date à laquelle Emmanuel Macron, qui, grand seigneur, s’est envolé pour Brégançon en demandant à ses troupes comme à l’opposition de réfléchir à des pistes de « coalition », devrait avoir tranché.

Lucie Castets fait savoir, toujours par la voix du service de presse de Paris, que « si ses activités politiques devaient se poursuivre au-delà de sa période de congés, la règle applicable en pareille situation consiste à solliciter une position administrative de disponibilité ».

Précision : « Lucie Castets ne figure pas parmi les dix plus hautes rémunérations [de la Mairie] et se situe dans la moyenne basse des directrices et directeurs de la Ville. »

Un entre-deux difficilement tenable, estime Stanislas Guerini, ministre démissionnaire de la Fonction publique : « Quand on est fonctionnaire, rappelle-t-il, on a bien sûr le droit de militer dans un parti. Mais, si l’on veut porter et exprimer ses opinions sans réserve, alors ce n’est pas compatible avec son statut de fonctionnaire, sauf à se mettre en disponibilité. »

Dès à présent ? Ce serait imprudent !

Souhaitons au moins à Lucie Castets, si elle reste à Paris, d’intégrer la « moyenne haute » des rémunérations !


Lu dans Le Canard enchaîné du 31/07/2024 Dessin d’Aurel


3 réflexions sur “Castets de gondole

  1. bernarddominik 02/08/2024 / 9h42

    Et la mairie se garde bien de dire quelles sont les moyennes hautes et basses. Et si ces chiffres comprennent la totalité des primes et avantages divers. Parfois il vaut mieux un logement de fonction qu’un supplément de salaire. Mais la France est un des rares pays de l’OCDE où les rémunérations publiques, donc payées par le contribuable, restent un mystère.

  2. tatchou92 02/08/2024 / 17h01

    Il vaut mieux avoir une promotion, un avancement de carrière que des primes soumises logiquement à imposition, mais qui ne rapportent pas de points indiciaires comptant pour la retraite.
    J’ai occupé un logement de fonction par nécessité absolue, le nouveau contrôleur de l’URSSAF, que j’avais reçu professionnellement précédement , avait revu la liste de tous les agents logés, vérifié les qualifications et salaires et rappelé qu’il n’y avait pas de dispense de taxe d’habitation, et fixé un avantage en nature imposable en fonction du grade de l’agent..
    C’était logique.et correct, mais nouveau apparemment dans la collectivité… Lorsque je suis partie, les 2 directrices qui m’ont succédé ont refusé d’occuper le logement de fonctions.. d’autres aussi.. on ne peut avoir le beurre, l’argent du beurre et..

  3. bernarddominik 03/08/2024 / 8h38

    Je viens enfin de lire le programme de Lucie Castets, et il est nettement plus réaliste en ce qui concerne les ressources financières que celui de nfp. Elle veut imposer ceux qui gagnent leur pognon en France mais vivent à l’étranger, supprimant les fameux 6 mois. Rétablir l’ISF, revoir les tranches d’imposition. Après restent les lois sur la retraite les squatters le chômage, que la loi sur le chômage soit modifiée me paraît juste, pour la retraite on ne peut être le seul pays où on bosse si peu, quant aux squatters il faut différencier les locaux d’entreprise laissés volontairement vacants, des particuliers qui revenus de vacances sont à la rue à cause de squatters. La gauche a ce défaut de faire des lois souvent très mal ciblées. Rétablir les comptes publics n’est pas populaire et pourtant indispensable, la redistribution ne doit pas se faire par l’endettement et ne doit pas être incitative au parasitisme.

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