Le « conseiller mémoire » de Macron, qui s’est vanté d’avoir influencé ce dernier pour la dissolution, est passé plus près de la porte que de l’augmentation.
L’ÉLYSÉE, tout le monde connaît sa silhouette enveloppée, sa faconde, sa façon inimitable de se pousser du col, les petites vannes acides qu’il balance sur ceux, nombreux, qu’il n’aime pas, surtout quand ils ont le dos tourné. « BRP », comme l’appelle le tout petit monde de la presse et de la politique, ça ne dit rien à personne, pas plus que Bruno Roger-Petit.

Depuis deux semaines, cet ancien journaliste se terre,
vraiment pas son genre pourtant. Pensez, il est l’un des rares à être encore là depuis l’arrivée de Macron, en 2017. Disparus, les Ismaël Emelien, Sylvain Fort, Sibeth Ndiaye, ceux qu’on surnommait « les Mormons », et les autres, venus plus tard, comme Philippe Grangeon. BRP est toujours là, bien au chaud dans ce qu’on appelle à l’Élysée l’« aile Madame », le QG de Brigitte Macron,
dont il est un protégé.
Grisé, sûr de son pouvoir, de ses analyses et de ses bons mots, il n’a pas compris qu’il serait un coupable idéal. Voilà que tout d’un coup des millions de gens qui ne connaisaient pas son nom avant la dissolution apprennent qu’il y a un « conseiller mémoire » à l’Elysée, en gros un gars chargé des commémorations, qui se vante d’avoir poussé le Président à ce qui s’apparente aujourd’hui à un suicide politique.
Evidemment, Bruno Roger-Petit n’est pas le seul à avoir planifié ce gigantesque plantage, mais il en a tellement parlé que c’est lui qui porte le chapeau. « Cloporte », a dit Bruno Le Maire, qui ne l’apprécie guère, tandis qu’Edouard Philippe, copieusement raillé par BRP, a rappelé qu’il fallait se méfier des entourages. Le Président, lui, ne supporte pas qu’on puisse croire qu’il a été manipulé par ses conseillers. Il a agi seul, claironne-t-il.
Imagine-t-on Jupiter sous l’influence de son chargé des chrysanthèmes, sérieux ?
Cloporte poisse ?
Bruno Roger-Petit est donc devenu radioactif. Les amitiés étant ce qu’elles sont en politique, le voilà souvent libre à l’heure du déjeuner, ces temps-ci. Que lui reproche-t-on exactement ? La majorité lui en veut d’avoir poussé à la dissolution, avec ses copains Clément Léonarduzzi, ancien directeur de la communication de Macron et aujourd’hui l’un des dirigeants de Publicis, le conseiller spécial Jonathan Guémas et l’ancien cliraquien puis sénateur sarkozyste Pierre Charon.
La fine équipe, qui se la raconte pas mal et aime à s’appeler « le Boys Club », n’a cessé, pendant des semaines, d’expliquer au Président à quel point ce geste serait « gaullien ». Fasciné par les journalistes de l’empire Bolloré, comme Pascal Praud et Geoffroy Lejeune, le patron du « JDD », BRP les a prévenus de la teneur de l’allocution présidentielle avant sa diffusion. Terriblement gênant pour Emmanuel Macron, qui n’en a parlé qu’au dernier moment à Gabriel Attal, Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet.
« BRP, aussi à l’aise pour parler du cinéma de Claude Sautet que de foot ou d’histoire, a étourdi Macron avec ses références historiques : la dissolution, ça ‘aurait de la gueule, ça serait mitterrando-gaullien, ça aurait un petit côté « fête de la fédération », j’en passe et des meilleures. Le résultat, c’est la chute pour nombre d’entre nous. C’est insensé que Macron ait pu l’écouter », s’étonne un député macroniste.
Ce n’est pas la première fois que Roger-Petit sert de bouc émissaire. Lorsque éclate l’affaire Benalla, en 2018, il est un fort discret porte-parole de la Présidence, et on l’envoie au feu. Les gens découvrent, effarés, cet homme qu’ils ne connaissaient pas et qui déballe, très mal à l’aise, des contre-vérités manifestes dans un décor digne de la Roumanie de Ceausescu. Mais, ce discours, il ne l’a pas écrit. Aucune importance, on dit qu’il est mauvais, on le voue aux gémonies, on le placardise.
Potins sur canapé
Il trouve refuge chez la première dame, soutien de toujours. Il la fait rire, lui raconte les derniers potins des médias et du showbiz, au besoin il en invente. Il joue habilement de l’intérêt maladif que Brigitte Macron porte aux people et à tout ce qui brille, parle son langage. Comme elle, il « sent » le pays, loin de ces technos déshumanisés. Les gens, Brigitte, ils veulent qu’on leur cause de leurs racines, ils ont besoin qu’on leur parle de la France, quoi. « BRP pense être en phase avec le pays profond parce qu’il est allé voir des matchs de foot en province », rigole un de ses anciens confrères de « Challenges ».
Se sachant invirable, il s’enhardit, et la fièvre commémorative qui s’empare de Macron le sort du placard. Plus rien ne l’arrête. Il se moque ouvertement d’Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, présente à un Emmanuel Macron sous le charme ses potes de « Valeurs actuelles ». Il se sent d’autant plus puissant que tous les collaborateurs issus de l’aile progressiste quittent un à un le Château.
Depuis la dissolution, il ne fait plus aucun déplacement présidentiel. Pour expliquer son absence, le 18 juin, aux côtés de Macron sur l’île de Sein, il dit, sans rire, aux journalistes que son fils passe le bac de philo. BRP avait un jour lancé un désinvolte « cou-couche panier » à un contradicteur sur Twitter. La Macronie en déroute a, ces temps-ci, comme une furieuse envie de lui retourner le compliment.
Anne-Sophie Mercier. Le Canard enchaîné. 26/06/2024
Moi, je le remercie d’avoir coulé Macron. Merci Bruno merci mille fois d’avoir mis au tapis la macronerie. Et si le RN arrive au pouvoir, on verra de quoi il est capable. Les français ont voté avec un réflexe de survie face à la débâcle budgétaire et aux risques de guerre avec la Russie de Macron.
Un réflexe de survie est toujours excessif, mais comme la raison a quitté ce pays, les français ont préféré la paix et le retour sur soi, et si on y réfléchit bien quand tout va mal il faut justement faire un retour sur soi, sur sa famille, sur des valeurs stables. Alors, on nous bassine sur le racisme, mais le racisme, c’est mettre une hiérarchie entre les races, ce n’est pas manger en famille comme voudrait nous le faire croire Mediapart.
Jordan Bardella entend mettre en route un programme pour les « vrai Français ».
Un peu gênant lorsque l’on sait que son père Olivier est un fils d’immigrés italiens.
Sa mère Louisa est née à Turin.
Jordan Bardella se présente volontiers comme un enfant de l’émigration, un sang-mêlé français à 75 % italiens.
Mais ce ne serait pas grave puisque c’est bien connu, les Italiens sont d’abord et avant tout des catholiques, surtout pas des islamistes, protestants ou autres.
Ce ne sont pas des Polak, des Espingouins, des Portos; pas plus que des jaunes, des Blacks, ou des Arabes enturbannés ou derrière leur grillage.
Alors, oui Bernard lorsque tu parles de racisme je ne peux et je ne serai jamais d’accord avec toi. Savons-nous réellement notre provenance ancestrale ?
Michel