… ou vouloir voir « une obscure clarté »…
La « clarté » qui, selon Macron, allait naître de sa dissolution tarde toujours à poindre à l’horizon. Mais cette semaine devrait tout de même nous fournir des prémices de clarification. Certes, elles ne sautent pas aux yeux. Un Premier ministre démissionnaire à la fois chef de ce qu’il reste de l’ex-majorité présidentielle relative à l’Assemblée et toujours à la tête d’un gouvernement chargé, à titre plus ou moins provisoire, des affaires courantes et olympiques n’est pas ce qui se fait de mieux comme exemple de franche clarté. Mais cela devrait un peu s’arranger avec les échéances de cette semaine.
A commencer par celle de jeudi 18 juillet, à savoir l’élection au perchoir de l’Assemblée et la composition des groupes. Deux exercices qui devraient, même si le brouillard subsiste dans le fond de l’air, fournir quelques repères. Ou, au moins, donner une petite idée, fût-elle à courte date de péremption, de ce que Macron appelle la « structuration » de l’Assemblée. Un mot très surdimensionné, compte tenu des alliances censées composer la structure en question.
Mais la constitution des groupes (pas moins de 11 annoncés) et, surtout, bien sûr, leurs difficultés à s’entendre, y compris au sein de leurs propres entités, à défaut d’être toujours claires, n’en seront pas moins éclairantes. Au-delà des bisbilles pour les élections aux postes clés, d’abord sur le fonctionnement à venir de l’hémicycle.
En d’autres termes, nous aurons ainsi un aperçu un peu plus précis des petits arrangements entre ennemis devenus incontournables pour faire fonctionner le pays avec une Assemblée sans majorité ni nouveau gouvernement nommé.
À gauche comme à droite, les accords n’ont pas fini d’être d’actualité. Y compris ceux avec le RN, qui, avec ses 123 députés, constitue, faut-il le rappeler, le premier groupe de l’Assemblée. Ces voix, dont les autres blocs risquent néanmoins d’avoir besoin à un moment ou à un autre, même dédiabolisées, restent délétères et de celles qui peuvent encore coller aux semelles. L’ancienne tenante du perchoir, candidate macroniste à sa succession, Yaël Braun-Pivet, a dû démentir toute suspicion à ce sujet. Il y en aura d’autres.
Macron, pour l’immédiat, continue de jouer la montre. De laisser les affaires courantes courir et de regarder à droite en restant persuadé, en dépit des divisions de son propre camp, de trouver, en débauchant quelques LR, une « coalition », tandis que Wauquiez lui propose un « pacte législatif ».
Le NFP, s’il perdure, et ceux qui, nombreux, ont voté pour lui ne manqueront pas d’apprécier. Et, pour la « clarification », il faudra repasser.
En attendant, entre la dette qui continue de s’alourdir et un budget — qui s’annonce plus que rude — à faire voter à la rentrée, pour celle ou celui qui finira par être nommé à Matignon, le poste ne sera ni un cadeau ni une sinécure. Cela, au moins, c’est clair et c’est sûr.
Erik Emptaz. Dessin de Lefred Thourou. Le Canard enchaîné. 17/07/2024

« les négociateurs, les chefs » devraient au moins, penser à tout le travail engagé par leurs soutiens pendant la campagne, soutiens qui « ont ramé » pour convaincre de voter pour défendre leurs intérêts, ceux de leurs enfants.. et qui aujourd’hui jurent « qu’on les y reprendra plus ».. Tout çà pour en arriver là… le grand soir s’éloigne de plus en plus, et on attend toujours la fumée blanche..
Bonjour Danielle et merci pour ton commentaire quelque peu désabusé, mais dans l’esprit d’un certain nombre de personnes actuellement.
Et si il fallait concevoir que cette gauche voyant qu’elle ne peut réaliser la mise en pratique du programme précédemment conçu et proposé aux électeurs – compte tenu de la situation générale ingérable — renonce à gouverner la France.
si il fallait concevoir que cette gauche en apparence désunie, attende de voir se constituer une coalition composée par la Macronie et le centre, voire quelques personnes de gauche conciliant, arrivait à proposer un premier ministre et un gouvernement ; cette gauche désunie ne sera-t-elle pas unie dans ce cas-là pour faire tomber le gouvernement avec en pointe, l’idée d’attendre le renoncement de Macron à son poste de président de la République afin que de repartir sur nouvelles élections présidentielles puis législatives ?
Actuellement nous échappent, un coup de poker, un coup d’échec…. Demain 18 juillet rentrée des députés dans l’hémicycle que va-t-il se passer ?
Amitiés. Michel