Jusqu’à la veille des législatives, des barbouzes du Kremlin ont mené des opérations « pochoir » à proximité d’un site du ministère de la Défense sur les murs de l’Assemblée nationale.
Plus que jamais, la France est dans le collimateur de Poutine ! Dans la nuit du 29 au 30 juin — juste avant l’ouverture des bureaux de vote pour le premier tour des législatives —, les services russes ont récidivé dans leurs opérations de déstabilisation au pochoir. Selon les informations du « Canard », de nouveaux tags ont été apposés dans le XVe arrondissement de Paris, tout à côté de Balard, le siège des forces armées françaises. Preuve que le Kremlin, qui misait sur une victoire du RN, aura maintenu la pression jusqu’à la veille des législatives…
L’équipe de barbouilleurs a pris la fuite après avoir peint des cercueils barrés de l’avertissement : « Arrêtez maintenant » (sous-entendu : de livrer des armes aux Ukrainiens). Ils ont aussi tagué des mains accrochées à des barreaux avec le slogan : « Libérez les activistes de Mriya » mention explicite aux cinq Moldaves qui dorment aujourd’hui en prison.
Médaille d’or de l’ingérence
Depuis neuf mois maintenant, les Russes se déchaînent sur les murs de Paris avec des graffitis inspirés par l’actualité (« Le Canard », 22/5). En octobre, c’étaient des étoiles de David ; en mars, la « chute possible de balcons » pendant la cérémonie des JO ; en mai, des mains rouges étaient apparues sur le Mémorial de la Shoah ; et, en juin, des cercueils devant la tour Eiffel, certains agrémentés d’ailes de Mirage.
Des barbouilleries qui, au sommet de l’État, embarrassent. Au point que le silence a été gardé sur des graffitis apparus au Palais-Bourbon dans la nuit du 6 au 7 juin, quelques heures avant la prise de parole de Volodymyr Zelensky devant les députés.
Le mur d’enceinte de l’Assemblée nationale avait alors été maculé avec des tags de cercueils frappés d’un avertissement : « Soldats français en Ukraine ». C’était la première fois qu’un symbole de la République était directement visé par les sbires de Poutine.
Sitôt découvertes, les traces de la barbouzerie ont été effacées pour ne pas gâcher la venue en France du président ukrainien en marge des commémorations du Débarquement. Le commando de trois Moldaves qui, au cours de la même nuit, avaient badigeonné ‘plusieurs autres bâtiments du VIIe arrondissement projetait aussi, selon les informations du « Canard », d’empeinturlurer le Mémorial d’Omaha Beach, en Normandie.
Dans les téléphones des hommes de main arrêtés par les flics de la sûreté parisienne figuraient en effet des consignes rédigées en russe par un certain Alexander qui visaient à perturber les festivités du D-Day, où Vladimir Poutine n’était pas convié. La brigade criminelle cherche à identifier cet agent traitant qui utilise la messagerie cryptée russe Telegram depuis un appareil doté d’une puce portugaise.
« Les Russes sont passés de l’ingérence numérique à l’ingérence physique, décrypte un spécialiste du renseignement. En 2017, ils avaient fichu le bazar dans la présidentielle en piratant le site de campagne d’Emmanuel Macron. Une fois élu, le Président a immédiatement créé Viginum, une agence chargée de protéger notre espace numérique contre les déstabilisations étrangères. Sauf que, désormais, en plus des cyberattaques, Moscou n’hésite pas à planifier des opérations commandos sur le sol français. »
Le Kremlin ne se contente pas d’employer comme barbouzes barbouilleurs, pour quelques centaines d’euros, des activistes pro-russes de Transnistrie — région sécessionniste de la Moldavie — ou des Bulgares appartenant à des groupuscules d’extrême droite poutinolâtres.
De l’aveu même de Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, auditionné au Sénat le 25 juin par la commission d’enquête sur les influences étrangères, ce sont pas moins de 140 entreprises du secteur de la défense qui, depuis 2021, ont été visées par des tentatives d’espionnage, de cambriolage, voire de sabotage.
Les services de renseignement français s’intéressent particulièrement à deux mystérieux incendies qui se sont déclarés chez deux sous-traitants du groupe d’électronique de défense Thales.
De là à penser que Poutine rêve de « bardelliser » la France…
Odile Benyahia-Kouider et Christophe Labbé. Le Canard enchaîné. 10/05/2024
Un article très intéressant qui montre que la position guerrière de Macron est dangereuse pour la France, nullement concernée par le conflit Ukrainien si ce n’est que l’Ukraine a bafoué la signature de Sarkozy. Position de Macron d’autant plus dangereuse que si Trump est élu la France sera bien seule face à la Russie (les conservateurs ont perdu le pouvoir en UK et le labour est plus réservé sur l’Ukraine quant à l’Allemagne Scholtz est opposé aux choix de Macron). La Russie se défend et défend ses citoyens, je rappelle que la Tauride la Crimee et la région d’Odessa ont été conquises par Catherine II (sur la Turquie ) elle en a chassé les turcs et les à remplacés par des russes, pas des ukrainiens (d’ailleurs ce nom est un anachronisme à cette époque)