Et si demain, les étudiants étrangers…

… n’ont plus droit de cité dans les facs

Les 400 000 étudiants étrangers en France doivent, en ce moment, avoir du mal à trouver le sommeil : le Rassemblement national les a dans le viseur, et pas qu’un peu ! S’il accède au pouvoir, le parti de Marine Le Pen prévoit de les virer des résidences universitaires publiques. L’instauration d’une « priorité nationale sur l’accès au logement étudiant » fait en effet partie des mesures phares du RN dans le domaine de la jeunesse. […] À part ça, bienvenue chez nous !

La conviction des lepénistes, exprimée sans complexe par le député sortant Jean-Philippe Tanguy, le Monsieur Economie du RN ? « Ça ne rapporte pas d’accueillir des étudiants [étrangers] » (Franceinfo, 21/12/23). Tanguy, qui lorgne Bercy en cas de victoire de Jordan Bardella aux législatives, montre là sa parfaite méconnaissance des chiffres. 1,3 milliard d’euros net par an : c’est l’apport économique direct des étudiants internationaux présents dans l’Hexagone, d’après un rapport publié en 2022 par Campus France, l’agence nationale chargée de la promotion de l’enseignement supérieur à l’étranger.

Mis au ban de l’université

Un montant obtenu par l’addition de l’ensemble des dépenses de ces étudiants (loyer, alimentation, frais de scolarité, dépenses touristiques, cotisations sociales…) évaluées à 5 milliards d’euros par an —, auquel ont été soustraits les 3,7 milliards de dépenses publiques annuelles orientées vers eux.

Sans parler — et c’est bien là l’essentiel — de l’apport scientifique des étudiants étrangers, qui représentent aujourd’hui 13 % des effectifs universitaires.

« Le Rassemblement national semble ignorer que l’économie de la connaissance est mondiale, déplore un président d’université. Si notre pays, aujourd’hui au 6′ rang des pays d’accueil pour les étudiants étrangers, leur fermait la porte au nez demain, ce serait une catastrophe en termes de rayonnement scientifique de la France. Qui plus est, les étudiants français se retrouveraient eux-mêmes empêchés de partir à l’étranger, car les échanges universitaires reposent, par définition, sur des règles de réciprocité. »

Eh oui, les lepénistes oublient un peu vite que, lorsque l’on envoie bouler les autres, ils vous déroulent rarement le tapis rouge en retour !


Article signé des initiales C. B. Le Canard enchaîné. 26/06/2024


4 réflexions sur “Et si demain, les étudiants étrangers…

  1. bernarddominik 04/07/2024 / 17h11

    Prétendre redresser la France et virer les étudiants étrangers est une betise incommensurable. Ceux qui ont étudié en France sont nos meilleurs agents d’influence

  2. Carolyonne89 04/07/2024 / 20h49

    Décidément on va droit dans le mur et ces andouilles vont revoter pour le RN, lamentable esprit raccourci des français, de Gaulle avait bien raison, ce sont des veaux !

  3. tatchou92 04/07/2024 / 22h31

    C’est d’une nullité..
    Va-t-on aussi priver demain ces échanges universitaires dans le cadre d’Erasmus ?
    Je connais des étudiants préinscrits pour la rentrée de septembre, dans divers Etats européens, hors la Grande Bretagne (sortie avec le brexit), dont la Suède, la Finlande (ma petite fille étant en attente d’une réponse favorable suédoise..
    Je précise que ces échanges sont pris en charge, hormis l’hébergement…Ou seront-ils accordés à partir de critères peu républicains ?…
    Heureusement que les médecins à diplôme non européen, assument pour le moment… dans nos hôpitaux, en étant moins bien rémunérés que leurs confrères… bonjour les dégats, dans le service public hospitalier public, s’ils doivent replier bagages…

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