Une gauche dans tous ses états

Jean-Luc Mélenchon ne se déclarera pas candidat à l’élection présidentielle pour la quatrième fois dimanche soir, contrairement à une rumeur que certains opposants internes le soupçonnent d’avoir lui-même propagée.

« C’est encore une manière pour lui de dire qu’il sera bien candidat, même s’il ne se déclare pas tout de suite », glisse ce dissident pour lequel un nouveau tour de piste en 2027 ne fait aucun doute. « Il n’arrêtera jamais : c’est ça ou l’Ehpad », conclut cruellement l’insolent.
Pourtant, l’Insoumis en chef n’aura que 75 ans !

Si Mélenchon devait observer une (relative) discrétion au soir de ces élections européennes, d’autres, en revanche, vont sortir du bois. Du PS, des Écologistes, mais aussi des oppositions internes à LFI devraient fleurir les appels à une initiative sur les ruines encore fumantes de la Nupes, en faveur d’un projet commun à gauche, qui déboucherait sur le choix d’un candidat unique qui ne serait pas Mélenchon.

Parmi ces contestataires, François Ruffin et Clémentine Autain, mais aussi Alexis Corbière, qui n’a pas apprécié la mainmise de la Franco-Palestinienne Rima Hassan sur la campagne des Insoumis. « Jusqu’à présent, je ne pouvais rien dire, mais, après (le scrutin), je parlerai », prévient-il. On en frémit déjà.

Au PS aussi, ça devrait tanguer.

Olivier Faure montre un enthousiasme mitigé à la perspective du bon score que pourrait faire son ancien poulain, Raphaël Glucksmann.

Le premier secrétaire, qui s’attend à une nouvelle offensive de ses opposants avant le congrès de l’automne prochain, redoute que son ennemi juré, un certain François Hollande, ne se sente de nouveau pousser des ailes au nom d’une social-démocratie ressuscitée. Déjà, l’ex s’agite beaucoup en cette fin de campagne.

Faure a peu goûté, par ailleurs, les envolées de Glucksmann lors de son grand meeting de fin de campagne, le 30 mai au Zénith de Paris. « Je n’ai pas l’intention de disparaître, a lancé la tête de liste. Je continuerai de construire cet espace politique à gauche, ce sera notre terre ferme. »

Si, en marge du meeting, Anne Hidalgo trouvait « magnifique » que Glucksmann « s’engage pour l’après », Olivier Faure cachait beaucoup plus sa joie : « Accompagner Glucksmann vers 2027 ? Je ne sais pas si je le ferai. »

Encore faudrait-il que ses camarades socialistes ne raccompagnent pas, d’ici là, le premier secrétaire vers la sortie…


Article non signé lu dans Le Canard enchaîné du 05/06/24


2 réflexions sur “Une gauche dans tous ses états

  1. bernarddominik 07/06/2024 / 9h37

    Glucksmann c’est la copie conforme de Macron avec juste une petite différence : la reconnaissance de la Palestine. Même ton pathétique, même mégalomanie, même ton anti russe, le programme économique de Hollande basé sur le cice, des milliards donnés au patronat.

    • tatchou92 07/06/2024 / 22h46

      il a de qui tenir…

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