L’avocate Me Tomasini « condamnée » par le barreau de Paris
Nous vous avions parlé de Me Tomasini, avocate « star » qui s’est spécialisée dans les violences faites aux femmes, connue pour avoir défendu notamment Jacqueline Sauvage, Alexandra Lange ou encore Valérie Bacot. Nous avions recueilli le témoignage de femmes victimes de violences qui avaient fait appel à ses services, mais qui avaient vite déchanté.
Certaines avaient englouti des sommes colossales, jusqu’à 50 000 euros, pour cette avocate dont les honoraires sont très élevés, autour de 500 euros de l’heure, y compris pour des personnes en difficulté financière. Divers récits pointaient aussi de nombreux manquements dans le suivi des dossiers.
Certaines victimes ont porté leur affaire devant le bâtonnier du conseil de l’ordre des avocats de Paris. C’est le cas de Laetitia (1), qui avait demandé à Me Tomasini de l’assister dans deux procédures entre juillet 2021 et mars 2023 concernant un conflit autour de l’autorité parentale avec son ex-compagnon. « Elle s’affiche régulièrement dans les médias, et j’ai pensé qu’elle serait celle qui m’aiderait à protéger mes enfants, puisqu’elle prétendait oeuvrer avec conviction et moralité pour défendre les droits des victimes », explique Laetitia.
La plaignante estime avoir été victime d’une véritable « escroquerie ». « En dix-huit mois à peine, je lui ai versé 31 536,95 euros, pour trois audiences. » D’après la décision du bâtonnier de l’ordre des avocats de Paris, en date de février 2024, que nous avons pu consulter, Me Tomasini a été condamnée à reverser, à cette plaignante 14 500 euros. Le bâtonnier a notamment considéré qu’elle n’aurait pas dû pratiquer un taux horaire de 300 euros (prévu pour ses collaborateurs), étant donné que le travail a été fait par un « simple » juriste de son cabinet.
Depuis, Laetitia n’a toujours pas reçu la somme due. « J’ai dû entamer il y a quelques jours une demande d’exécution forcée auprès d’un huissier, ce qui est totalement lamentable pour une avocate prétendant venir en aide aux victimes », dit-elle. Laetitia se plaint par ailleurs que Me Tomasini lui ait facturé deux séances de « coaching » de trois heures au total, pour 1 440 euros. « Celles-ci ont duré en réalité quarante-cinq minutes pour la première et quinze pour la seconde, et Me Tomasini était même en peignoir lors de l’une d’entre elles, déplore-t-elle. Je pense surtout à ses futures « proies » et aimerais éviter à d’autres de vivre la même chose.
Elle n’est pas la seule à avoir contesté les honoraires devant le conseil de l’ordre. D’autres « victimes » de Me Tomasini ont fait de même et ont eu aussi gain de cause. Les décisions du conseil de l’ordre restent toutefois confidentielles, ce qui ne permet pas d’être informé de tel ou tel problème concernant des avocats. « On ne peut pas être au courant de ce type de décision, les sanctions sont minimes et, en attendant, certaines avocates continuent d’exploiter leurs clients », dénonce Laura Rapp, une ancienne cliente de Me Tomasini, qui avait témoigné lors de notre premier article.
Contactée, Me Tomasini assure avoir fait appel de la décision du bâtonnier, et qu’elle la conteste en tout point. Par ailleurs, les litiges concernant certaines de ses clientes constituent « un pourcentage infime, soit 2 ou 3 % » des 200 procédures actuellement suivies par son cabinet, assure-t-elle.
Laure Daussy. Charlie Hebdo. 12/06/2024
1. Le prénom a été changé.
Les avocats! Le barreau! Il vaut mieux éviter cette population qui est censée défendre et mais plus sûrement encaisse. Quant au barreau, celui de Marseille se comporte comme un auxiliaire des avocats, demander un rdv ou faire un courrier pour une affaire très litigieuse est inutile (mon avocat avait fait des faux le barreau ne m’a jamais répondu seul le procureur de la république l’a finalement fait condamner mais au seul profit de l’état ). Un monde plus proche de la voyoucratie que des citoyens honnêtes
on finira sans doute par parler des palais de l’injustice…