Il y a des gens comme ça. Ils parlent, ils parlent, on ne les écoute plus.
Faut dire qu’ils disent toujours la même chose. Si au moins ils nous remontaient le moral ! S’ils proposaient des solutions simples, et pas punitives…
Antonio Guterres n’est pas n’importe qui. Depuis 2017, il est le secrétaire général des Nations unies. L’ONU, c’est ce « machin » (comme disait de Gaulle) créé juste après-guerre dans l’idée qu’on devrait avoir un endroit pour se parler afin d’éviter les guerres. S’y regroupent 193 pays (la quasi-totalité). L’ONU est à la fois très puissante (gros budget, Casques bleus, institutions comme le Giec, etc.), et pas du tout (des guerres partout).
Mais bon, quand le patron de l’ONU parle, on devrait l’écouter. Mercredi 5 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, Antonio Guterres a parlé. Longuement (1). Ça fait des années qu’il parle de plus en plus fort. Il a dit : « Nous jouons à la roulette russe avec notre planète. Non seulement nous sommes en danger, mais nous sommes le danger. »
Il a dit cela en commentant les résultats d’une toute récente étude scientifique : la Terre vient de connaître les douze mois les plus chauds jamais enregistrés. Par rapport à l’ère préindustrielle, le réchauffement atteint 1,43 °C.
Gag : le fameux « accord de Paris », signé en 2015 par tous les pays de l’ONU, se donnait pour objectif premier de ne jamais dépasser le seuil de 1,5 °C. On y est presque. Déjà ! Pour rester au-dessous du seuil, a dit Guterres, il faudrait que les émissions mondiales « diminuent de 9 % par an jusqu’en 2030. Mais elles augmentent. L’année dernière, elles ont augmenté de 1 % ».
Il a dit : « Nous sommes aux portes de l’enfer climatique. » Il a dit : « Les 1 % les plus riches émettent autant que les deux tiers de l’humanité. » Il a dénoncé les « acteurs du secteur des combustibles fossiles », qui nous plombent, font de I’« écoblanchiment » et, l’an dernier, n’ont investi que « 2,5 % de leurs dépenses d’équipement dans les énergies propres ». Il a dressé la liste (bien connue) de tout ce qu’il faudrait faire.
Et alors ? Alors on continue de prendre la bagnole pour un oui, pour un non. Et l’avion, de plus en plus. Après tout, qu’est-ce que ça change ? On hausse les épaules devant la manif contre 1 ‘A69 : un bout d’autoroute de plus ou de moins, qu’est-ce que ça change ? L’Europe rabote son Pacte vert. Macron rabote ses mesures vertes. Personne ne parle d’écologie pendant la campagne européenne, même pas les Verts. Qu’est-ce que ça change ?
Et Antonio Guterres continue de s’égosiller dans le vide.
Jean-Luc Porquet. Le Canard enchaîné. 12/06/2024
(1) Lire son discours sur www.un.org/sg/fr/content/sg/statement/2024-06-05
La Chine les USA l’Inde plus gros pollueurs mondiaux ne font pas grand chose, et on n’y peut rien, même si individuellement nous diminuons notre consommation de pétrole .
D’une part, ce n’est pas parce que certain marche dans la merde, qu’il faut laisser les étrons prospérer et d’autre part la notion de l’exemple estime de civilisation.
En fait, les types comme Macron font un boucan du diable à parler à tort et à travers, à occuper l’espace public, ce qui rend inaudible les interventions salutaires et cohérentes de personnes comme Gutteres. Il serait bon que certains fassent enfin silence. Il y a urgence à redéfinir ce qui est prioritaire dans l’espace public.
Bonjour Jean-Marc et merci pour ton commentaire.
Je me suis permis de grouper deux de tes commentaires sur le même thème, pratiquement identiques.
Bon dimanche. Amitiés. Michel.
Oui. Merci Michel. Il y a eu un bug au moment vde la publication. Bon dimanche
Il faut aussi signaler que les pays les plus pollueurs comme la Chine, sont ceux qui sont les « usines du monde », je pense qu’une partie de cette pollution nous en sommes aussi la cause.
Et par habitants : https://fr.statista.com/statistiques/955334/emissions-de-co2-par-habitant-par-pays/