Le RN et le « Droits des femmes » 

… Les mensonges éhontés de Jordan Bardella !

Creusant le sillon ouvert par Marine Le Pen, Jordan Bardella se présente comme le premier ministre qui « garantira de manière indéfectible » à chaque femme de France « ses droits et ses libertés ».


Les votes récents et déclarations des membres de son parti attestent l’exact inverse.  […]


  • Le RN défend le droit d’accès à l’IVG : faux

[…] le Rassemblement national est loin de défendre le « droit fondamental à disposer de son corps » pour les femmes, comme le clame Jordan Bardella.

« Parce qu’aucune femme ne doit craindre qu’un seul de ces droits soit remis en cause, Marine Le Pen a soutenu l’inscription de l’IVG dans la Constitution », poursuit-il. Ce n’est pas un hasard si Jordan Bardella cite le nom de sa prédécesseure à la tête du parti et pas celui d’autres élus RN.

Car lors du vote qui a eu lieu au Congrès le 4 mars 2024, faisant de la France le premier pays au monde à inscrire explicitement dans sa Constitution « la liberté garantie » de recourir à l’IVG, les parlementaires d’extrême droite ne se sont pas distingués par leur enthousiasme, le parti restant en réalité très divisé sur cette question. La preuve : près de la moitié des 91 élus n’ont pas voté pour – 11 contre, 20 abstentions, 14 absents, parmi lesquel·la très catholique Laure Lavalette, qu’on sait opposée à cette mesure.

Rappelons aussi qu’en 2022, lorsque l’Assemblée a voté l’allongement du délai de recours à l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse, aucun·des sept députés RN de l’époque n’a voté pour (3 voix contre, 4 absents).

Même tendance au Parlement européen, où le RN comptait 18 représentants dans la mandature qui vient de s’achever. En 2020, alors que la Pologne s’apprête à interdire quasi totalement l’accès à l’avortement, une résolution est proposée pour condamner cette décision et soutenir les milliers de manifestants qui s’y opposent. Le RN s’abstient.

[…]

Plus récemment, en avril 2024, les parlementaires européens ont aussi été invité·es à se prononcer sur l’entrée du droit à l’IVG dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. L’extrême droite française, alliée des gouvernements italien et hongrois qui attaquent eux aussi les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, s’est là encore abstenue.

  • Le RN soutient la lutte contre les violences envers les femmes : faux

À la base de l’idéologie de l’extrême droite, il y a deux dénis de réalité : le RN refuse catégoriquement de voir les discriminations et les violences comme des faits de société systémiques. Et il considère que, quand elles existent, ces violences sont le fait d’hommes étrangers.

« Les hommes ne sont pas tous des coupables en puissance nécessitant d’être rééduqués par les féministes », a ainsi déclaré en 2021 l’eurodéputée Annika Bruna. Guère étonnant, donc, que le RN se soit abstenu en 2020 lors du vote à Strasbourg sur la ratification de la Convention d’Istanbul, texte le plus vaste sur ce sujet, puisqu’il contraint notamment les États signataires à intégrer dans leurs dispositifs législatifs un certain nombre d’infractions (violences psychologiques, harcèlement, mariage forcé, mutilations génitales…).

En décembre 2021, au Parlement européen, les député·es RN ont aussi voté contre une résolution intitulée « MeToo et harcèlement : conséquences pour les institutions de l’Union européenne ».

Lors des débats, Annika Bruna avait expliqué le vote de son parti en contestant que les violences sexuelles se nourrissent du sexisme et des « stéréotypes liés au genre ». Car pour le RN, « ces cas ne représentent fort heureusement qu’une infime minorité d’hommes ». […]

  • Le RN promeut l’égalité entre les femmes et les hommes : faux

[…] Sur l’égalité femmes-hommes, le RN n’a, encore une fois, fait que s’abstenir, s’opposer, voire ne pas même participer aux votes sur l’ensemble des textes proposés en la matière ces dernières années. Exemple : en 2021, à l’Assemblée nationale, les élus RN n’ont pas pris part au vote de la loi Rixain sur l’égalité salariale.

[…] Rien d’incohérent toutefois avec le fait que le RN promeut une répartition des rôles genrée, réduit les femmes à un rôle maternel et les cantonne au foyer. « Nous partons du principe qu’une mère au foyer, elle est peut-être mieux à la maison à s’occuper des enfants », avait ainsi déclaré en septembre 2023,à l’occasion des débats sur le projet de loi « pour le plein-emploi », le député Jocelyn Dessigny, […].

« Moi je préfère qu’on fabrique des travailleurs français plutôt qu’on les importe […], qu’on ait des petits Français demain, plutôt que d’ouvrir les vannes et de voir l’immigration comme un projet de peuplement », avait défendu le vice-président RN de l’Assemblée, Sébastien Chenu, en février 2023.

  • LE RN lutte pour une meilleure prise en charge des maladies féminines : faux

« Ces derniers mois nous nous sommes battus pour une meilleure prise en charge des femmes atteintes d’endométriose », nous explique Jordan Bardella. Aïe. Le RN avait effectivement déposé un texte à l’Assemblée, mais il avait été dénoncé à gauche comme au sein de la majorité car il ne répondait pas aux demandes des associations spécialisées.

« Ils parlent de cinq stades de la maladie alors qu’il n’y en a que quatre, disent que ça ne concerne que les femmes en âge de procréer alors que c’est faux et évoquent un chemin de guérison quand il n’y a pas de traitement… C’est une instrumentalisation de la souffrance des femmes », s’était indignée Véronique Riotton, députée Renaissance et présidente de la délégation aux droits des femmes, à propos du texte du RN.

En janvier 2022, quand la résolution portée par la députée LFI Clémentine Autain a été présentée et votée à l’unanimité, seul un député RN était dans l’hémicycle.

« Lorsque des propositions de bon sens sont venues d’autres partis politiques, nous les avons votées sans sectarisme, et avec l’unique obsession de protéger les femmes. Je pense à la prise en charge intégrale par l’assurance maladie des soins liés au traitement du cancer du sein », nous dit aussi le président du RN.Aïe encore. Car le RN a œuvré avec la majorité pour amender le texte initial, proposé par le PCF, pour que les dépassements d’honoraires ne soient pas pris en charge.    

De la même façon, les parlementaires d’extrême droite – qui sèchent souvent les travaux de l’Assemblée – ont trouvé le chemin de l’hémicycle quand il s’est agi de s’opposer à la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes les femmes. […]

  • Les associations et les politiques publiques en faveur des femmes sont menacées par le RN : vrai

Les leaders du RN ne font pas mystère de leur projet de couper les subventions versées aux associations féministes. Mais ce n’est pas tout. « Ces derniers mois, on a vécu beaucoup de raids, de menaces, d’attaques sur les réseaux sociaux », expliquait jeudi 21 juin la présidente du Planning familial, Sarah Durocher. La militante a également rappelé les attaques dont ont fait l’objet plusieurs locaux de l’association. « On voit cela monter depuis un an et demi, depuis l’arrivée en nombre de parlementaires RN à l’Assemblée », a-t-elle insisté.

« En 2022, Marine Le Pen avait annoncé que si le RN arrivait au pouvoir il n’y aurait plus de ministère des droits des femmes. Ça veut dire plus de politiques publiques spécialisées », a enchaîné Clémence Pajot, directrice générale de la Fédération des centres d’information sur les droits des femmes et des familles. […]


Sarah Brethes. Médiapart. Source (extraits).


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