Dissolution, Élections

les partis de gauche au pied du mur !

[…] Dans la petite salle du XXarrondissement de Paris décorée aux couleurs de la liste du Parti socialiste (PS) et de Place publique menée par Raphaël Glucksmann, dimanche 9 juin 2024, l’annonce d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale a fait l’effet d’un choc. […] La soirée avait pourtant presque bien commencé. Quelques minutes plus tôt, des sourires étaient même là, devant les 14,5 % de Raphaël Glucksmann.

L’annonce d’Emmanuel Macron a bouleversé tous les plans des partis de gauche qui, en faisant le choix d’avancer séparément à ces élections européennes, sont arrivés logiquement après le mouvement d’extrême droite et la majorité présidentielle – Les Écologistes ont même poussé un immense soupir de soulagement en franchissant in extremis la barre des 5 % leur permettant de faire élire des eurodéputés.

Les Insoumis ont souligné en début de soirée que « l’après-Macron » avait commencé – avec les 14,5 % de suffrages exprimés en faveur de Valérie Hayer, le pouvoir « n’a plus la légitimité de poursuivre sa politique », a déclaré Manon Aubry, tête de liste de La France insoumise (LFI). Le mouvement se félicite par ailleurs d’avoir amélioré son résultat de 2019 (6,5 %), pour un score à deux chiffres (10 %). Mais ces considérations ont fait long feu après la décision du chef de l’État. […] 

Lors d’une première prise de parole au QG de LFI dans le XIXarrondissement de Paris, Jean-Luc Mélenchon a pourtant tenté de faire bonne figure : « Quand on est Insoumise ou Insoumis, on ne craint pas le peuple, c’est le contraire, on a confiance en lui », a-t-il déclaré pour galvaniser ses troupes.

Mais la dissolution intervient au pire moment pour la gauche dans son ensemble : après des mois de divisions exacerbées par la campagne des européennes. […]

La nouvelle page qui s’ouvre est-elle celle d’un nouvel accord d’appareils pour présenter des candidatures uniques à gauche ? La tâche est immense et les tensions de ces dernières semaines n’augurent pas d’un scénario facile – tout va se jouer dans les prochaines heures, alors que l’élection est dans seulement vingt jours. […]

Mais le fossé s’est tellement creusé entre LFI et Raphaël Glucksmann, décrit comme le signe d’un « retour du hollandisme », que l’hypothèse d’une nouvelle alliance est improbable. Interrogé sur son souhait de rassembler toute la gauche en front commun contre l’extrême droite, Raphaël Glucksmann a esquivé, sur BFMTV. […]

François Ruffin appelle pour sa part plus clairement à un « front populaire », semblant prendre la main sur une démarche rassembleuse : « Insoumis, communistes, socialistes, Écologistes. Unis. Pour éviter le pire, pour gagner. » […]


Mathieu Dejean et Manuel Magrez. Médiapart (Source – Courts extraits-abonné)


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