Détestable et contestable personnalité…

… et le silence « obligé » des macronistes !

« Je vais transformer ton chien en kebab. » « Tu es une grosse merde. » En l’espace de deux SMS relayés la semaine dernière par la presse, l’un adressé à Gabriel Attal, l’autre à Bruno Le Maire, Rachida Dati a confirmé ce que sa nomination rue de Valois laissait présager : avec son franc-parler et ses formules cash, la nouvelle ministre de la Culture à l’art et la manière de faire parler d’elle.

Dans les rangs de la majorité, le show Dati semble avoir relégué au second plan un autre sujet, plus encombrant : celui de ses affaires. Oscillant entre silence gêné et incrédulité devant l’impunité dont bénéficierait l’ex-garde des Sceaux, la macronie ne sait pas sur quel pied danser avec le « cas Dati ».


La liste de ses ennuis judiciaires est pourtant loin d’être négligeable.

Depuis 2021, elle est mise en examen dans le cadre d’un des volets de l’affaire Carlos Ghosn pour « corruption passive », « trafic d’influence passif » « recel d’abus de confiance ».

La justice s’intéresse aux 900 000 euros honoraires d’avocat perçus par Rachida Dati, entre 2010 et 2012, émanant d’une filiale néerlandaise Renault alors qu’elle était eurodéputée.

Les magistrats se demandent si ces sommes n’ont pas servi à des opérations de lobbying au Parlement européen, alors que Rachida Dati, elle, se défend en expliquant qu’elle a effectué un travail d’avocat pour le constructeur.

Il y a deux semaines, « l’Obs » révélait l’existence d’autres virements — d’un montant d’au moins 300 000 euros — versés entre 2012 et 2014 et provenant cette fois d’une mystérieuse société financière basée à Londres, AlphaOne Partners, qui œuvre notamment dans le secteur énergétique. Avec en toile de fond les interrogations sur les relations de l’eurodéputée avec le Qatar et l’Azerbaïdjan.

« Le président l’a nommée en sachant sa mise en examen dans l’affaire Renault. La balance politique était risquée, peut-être, mais bon… », rapporte un membre du gouvernement.

Rares précédents

Le 14 janvier dernier, lorsque Rachida Dati est bombardée au ministère de la Culture, la macronie est stupéfaite. Bien sûr, celle qui ambitionne de prendre la mairie de Paris en 2026 bénéficie de la présomption d’innocence. Mais, alors que plusieurs affaires impliquant des ministres et le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, plombent le pouvoir, pourquoi nommer une personnalité déjà mise en examen ?

D’autant que les précédents sont rares En 2002, le chiraquien Renaud Donnedieu de Vabres, mis en examen pour « blanchiment » et « infraction à la loi sur le financement des partis politiques », a été ministre des Affaires européennes pendant cinq semaines.

En 2007, un an après sa mise en examen pour « prise illégale d’intérêts » et « détournement de fonds publics », André Santini avait, lui aussi, intégré le gouvernement en tant que secrétaire d’État à la Fonction publique.

Dati la protégée du gouvernement des médias…

Que Rachida Dati soit mise en examen pour « corruption » et « trafic d’influence » ne suscite pourtant que très peu de commentaires. […]

Beaucoup de siégeant à la Mairie de Paris — entre autres —  s’étonnent du « deux poids, deux mesures » : « Pas un débat ni un bandeau sur une chaîne d’info alors que le voyage d’Anne Hidalgo en Polynésie a fait les choux gras pendant des semaines ! » […]. Influente et n’hésitant pas à interpeller directement patrons et actionnaires de médias à coups de textos enflammés, Rachida Dati bénéficierait-elle d’une « forme de lassitude de l’opinion » quant aux affaires, comme on l’explique dans l’entourage d’Emmanuel Macron ?

À l’Élysée, on rappelle volontiers les non-lieux ou les relaxes dont ont fini par bénéficier Gérald Darmanin, Eric Dupond-Moretti et Olivier Dussopt (dans ce dernier cas, le parqueta fait appel).

Sur les bancs de la majorité, certains préfèrent pointer l’« intégration réussie » dans la majorité de l’ex-sarkozyste. […]

D’après un article d’Alexandre Le Drollec. L’Obs N°3104. 28/03/2024

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Rachida Dati poursuit « le nouvel obs »

A la suite de la publication, le 14 mars, de notre enquête intitulée « L’affaire Dati : révélations sur le business caché de la ministre de la Culture » et de notre éditorial titré « De la morale publique », Rachida Dati a engagé des poursuites en diffamation contre « le Nouvel Obs ». Ses avocats nous ont fait parvenir, le 22 mars, une citation directe devant la 17° chambre correctionnelle du tribunal de Paris. « Le Nouvel Obs » maintient l’intégralité de ses informations et présentera devant le tribunal une offre de preuves circonstanciée, étayant l’ensemble des faits révélés dans nos articles.


Une réflexion sur “Détestable et contestable personnalité…

  1. tatchou92 04/04/2024 / 22h10

    Pas certaine, que son retour au premier plan, ait été fortement apprécié par La Mairie de PARIS… en vue des JO et des échéances municipales de 2026

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