… et dans vos uniformes, le petit doigt sur la couture…
L’entente cordiale entre la Macronie et l’extrême droite a repris un coup de jeune, lundi 26 à Béziers. Après la loi Immigration, qui a fait le bonheur du RN, une autre joie attendait les droitiers de tout poil à l’entrée de quatre écoles publiques de la riante cité de Robert Ménard : 700 gamins affublés de l’uniforme, avec, pour jouer les pionniers devant les photographes, un édile tout sourire.
Le bon maire et le ministère de l’Éducation nationale, à l’époque de Gabriel Attal, s’étaient entendus comme larrons en foire afin qu’il mette en scène cette « expérimentation »dans plusieurs établissements en même temps et fasse en sorte que cela se voie.
L’Etat et la ville de Béziers se sont unis jusqu’à partager les frais de costume (200 euros par enfant), dont un très frais blazer sombre frappé du logo de leur école. Ménard s’est réjoui du port de cette « tenue unique ». Pour une pensée unique qu’il fustigeait tant ?
Devant les grilles des écoles, il n’a pas été trop difficile de trouver des parents diffusant les éléments de langage de la municipalité. Un uniforme, et hop ! fini le communautarisme, terminées les inégalités sociales, oublié le harcèlement scolaire. C’est magique. Comme ces gamins qui répétaient ce qu’ils avaient entendu à la maison : « Il y aura moins de moqueries et de jalousie ». Les enfants sont formidables.
La vieille obsession des réacs d’uniformiser les mômes comme des troufions pourrait se généraliser en France en 2026, si Sa Majesté Macron le décidait.
En attendant ces jours heureux, son chouchou de Matignon se voit tresser des couronnes de lauriers par Ménard (BFMTV, 26/2) : « Bravo à M. Attal. Je trouve que son passage au ministère de l’Éducation nationale est un succès de A à Z. En plus, moi, je suis plutôt de droite, et j’ai pensé que, tout ce qu’il a proposé, c’est ce que la droite voulait faire. »
Et même tout ce que l’extrême droite l’aide à faire !
Article signé des initiales C. N. Le Canard enchaîné. 28/02/2024
Sur le principe que tous les écoliers aient un uniforme, pourquoi pas.
Le danger est plutôt dans la forme et l’utilisation de cet uniforme et le fait que Robert Ménard porte-parole de l’extrême droite, ait intrigué pour que sa bonne ville de Béziers entièrement extrême droite, soit une ville pilote, pour cet essai n’est pas anodin. MC
Une simple blouse suffisait. Ces 200€ auraient été mieux utilisés dans les moyens pédagogiques.
La blouse était effectivement obligatoire de mon temps… grise pour les garçons, bleue de préfèrence pour les filles en primaire, au collège et lycée : les mamans découpaient, cousaient, brodaient les initiales, prévoyaient 2 blouses..nous grandissions vite.. mes copines avaient des petites soeurs.. pratique !
Il y avait à l’époque, 2 filatures dans la ville, qui produisaient le « drap de Sedan », et une boutique ouverte à tous, avec de gros rouleaux de tissus pour nos blouses… et
Ca avait l’avantage de protéger les vêtements
A noter que les enfants des notables.. et de ceux qui s’y voyaient, n’étaient pas inscrits à l’Ecole Publique, mais dans les 2 écoles privées de la ville.. et portaient tous un uniforme..
Au pas camarade, au pas au pas au pas, allez les moutons, en rangs et en silence.