D’aventureux engrenages…
En visite officielle à Prague le 5 mars, Emmanuel Macron a donc assumé sa déclaration choc du 26 février dans laquelle il « n’exclu[ait] pas » l’envoi de « troupes » sur le sol ukrainien. Il faut « un sursaut, un réveil stratégique », a-t-il expliqué au journal tchèque « Pràvo » (5/3). Tout en refusant d’« entrer dans une logique d’escalade ».
Un exercice d’équilibriste auquel le Président s’était livré en comité plus restreint tout au long de la semaine dernière. D’abord, pas question pour lui de laisser passer l’idée selon laquelle l’état-major n’était pas au courant des propos qu’il allait prononcer. Le chef d’état-major des armées (Cerna), Thierry Burkhard, et son staff avaient été mis dans la boucle, insiste l’Élysée. À la différence, apparemment, d’autres galonnés.
Le Cerna à même été chargé début février, précise la Présidence, d’entrer en contact avec ses homologues européens et américain pour les tenir au courant. Idem pour le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, qui a évoqué le sujet avec son homologue ukrainien le 23 février, lors d’une rencontre à New York. « Il fallait, selon le Quai d’Orsay, que les Ukrainiens soient d’accord. » Ça vaudrait mieux, en effet.
« 11 s’agissait de montrer que la situation est très tendue », a expliqué Macron aux dirigeants de la majorité avec lesquels il dînait le 29 février. « Les Russes grappillent du terrain, les Ukrainiens sont en difficulté, Trump peut être élu, une victoire russe serait un désastre stratégique pour l’Europe. Il faut donc se reposer toutes les questions, ouvrir toutes les options, sans faire directement la guerre à la Russie », exposait-il un peu plutôt devant les ministres chargés du dossier.
Dans un accès de modestie, le Président s’est également attaché à relativiser la portée de ses propos. Les divergences avec nos alliés ? « Nous ne sommes déjà pas tous au même niveau d’effort en matière d’armement, analyse l’un de ses proches conseillers. Les Britanniques et nous livrons des missiles de croisière, ce que ne font ni les Allemands ni les Américains. Et personne ne parle de divisions. »
Le risque d’escalade ? « Chaque fois qu’on a ouvert une nouvelle option, ironise Macron, on nous a annoncé qu’on se retrouverait en guerre avec la Russie. Ce fut le cas quand on a livré des armes à l’Ukraine, puis quand on lui a livré des chars, puis des missiles de croisière, et quand certains pays ont livré des avions. » Conclusion présidentielle : « L’idée, c’est d’amener les Russes à réfléchir à la poursuite des combats. »
Il semble malheureusement que, pour Poutine et sa clique, ce soit depuis longtemps réfléchi…
Article non signé lu dans le Canard enchaîné du 06/03/2024
Macron change vite d’avis, hier il ne fallait pas humilier la Russie, aujourd’hui il refuse une offre de cessez le feu et engage la France dans un bras de fer avec la Russie. Il est d’autant plus inconscient qu’il connaît les 3 premières cibles des missiles russes: Toulon Brest et Cherbourg, et qu’il n’a pris aucune mesure pour les protéger.
Les limites de l’exercice de l’équilibriste appelé « MANU LE TÉMÉRAIRE ».
Le Chancelier allemand lui a rappelé une simple phrase que le chef de l’Union est allemand, dans cette Europe incluse dans l’OTAN et vassale des États-Unis.
Le chancelier Olaf Scholz, dès le mardi 27 février 2024, déclare qu’« il n’y aura aucune troupe au sol, aucun soldat envoyé ni par les États européens, ni par les États de l’OTAN sur le sol ukrainien ». Ce qui est important dans cette phrase, ce sont les mots européens et OTAN. Fermer le ban.
Les États-Unis et l’OTAN ont exprimé leurs désaccords sur cet envoi de troupes.
Mais notre président persiste et signe.
À Prague, le 5 mars 2024, notre président en rajoute sur sa détermination à être le plus vaillant des Européens :« Nous abordons à coup sûr un moment de notre Europe où il conviendra de ne pas être lâche ».
Qui sont les lâches ?
D’évidence, c’est une réussite pour la diplomatie française et la crédibilité de notre président, comme ces propos pour GAZA et pour la Cisjordanie. Ce Président, qui est le rempart face au Front national, est formidable.
Merci Robert, pour cette analyse, accentuée de quelques commentaires dignes de figurer dans un répertoire d’humour noir.
Amitiés. Michel