Avant de tousser

… souvenez-vous d’engagements antérieurs…

« C’est une peine de mort pour l’école privée », s’est étouffé un lieutenant de Rachida Dati dans « Le Parisien » (15/2).

« Une chasse aux sorcières », se sont indignés les défenseurs de l’enseignement catholique dans « Le Figaro » (15/2).

Le diocèse a lui-même sonné le tocsin à la mi-février pour inciter les parents d’élèves à partir en guerre contre les mécréants de la Mairie de Paris, accusés de vouloir piller les biens du clergé. Bigre…

La majorité de gauche à l’Hôtel de Ville est soupçonnée de vouloir fermer pas moins de sept écoles cathos parisiennes pour y installer — Jésus, Marie, Joseph ! — des logements sociaux.

Un système diabolique de « pastilles » collées par la municipalité sur ces saintes parcelles, et sur un millier d’autres, publiques ou privées, en diminuerait de manière drastique la valeur en obligeant les propriétaires à y construire des HLM.

La réalité est un « gros » poil plus nuancée.

En fait, le « pastillage » a déjà été appliqué à Paris. ïl concerne, depuis 2006, plusieurs centaines de terrains privés ou publics, et même quelques établissements catholiques qui n’avaient alors rien trouvé à y redire.

Ces écoles avaient bien compris que les pastilles municipales ne les empêchaient pas de gérer leurs biens, et d’entretenir et de rénover le bâti comme elles l’entendaient. Du moins tant qu’elles ne changeaient pas la destination des bâtiments pour s’adonner au péché de la spéculation immobilière : c’est seulement dans ce cas que la Ville leur impose un quota d’au moins 30 % de HLM.

« Impose » est d’ailleurs un mot un peu fort : si le proprio refuse, la Mairie doit lui racheter la parcelle au prix du marché ou supprimer la « pastille » et toute obligation de mixité sociale.

Dix-huit ans après ce premier épisode, la loi n’a pas été révolutionnée, mais ça n’empêche pas l’Église de hurler à la prise de la pastille…


Article signé des initiales H. L. Le Canard enchaîné. 28/02/2024


3 réflexions sur “Avant de tousser

  1. bernarddominik 03/03/2024 / 10h22

    Le pouvoir des évêques en France va bien au delà du raisonnable. Déjà la loi sur la fin de vie proposée par un collectif de citoyens à été fortement revue sous la pression des évêques. Il serait temps que Macron se conforme aux demandes de citoyens et non pas aux nervis du Vatican.

  2. tatchou92 03/03/2024 / 17h52

    J’en viens à regretter que 2 Evèques que j’ai croisés ne soient plus de ce monde :
    – Monseigneur MARTY, Archevèque de Reims, jusqu’en 1968. Mon père faisait les vendanges chez un copain, Maman aidait à la cuisine, je gambadais, et accompagnais Fernand et mon père ou faisais ce que je pouvais

  3. tatchou92 03/03/2024 / 18h21

    J’ai croisé 2 Evèques humbles et sympas :
    – Monseigneur MARTY, archevèque de Reims, que le copain viticulteur de mon père fournissait en « breuvages » notamment au moment des vendanges, je l’y accompagnais au Palais épiscopal, où il vivait avec sa maman qui me donnait des bonbons. Puis Monseigneur a été nommé à Paris en 1968.
    – Monseigneur Jacques GAILLOT, Evèque d’Evreux, qui avait fait carillonner les cloches de la cathédrales, lorsque Pierre-André ALBERTINI, coopérant français, dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, y avait été arrêté pour avoir manifesté sa solidarité envers les populations des ghettos..
    Il s’y était rendu, avec Anne, la soeur du jeune homme. Cela n’a pas fait rigoler Jean Paul II qui l’avait nommé à la tête d’un diocèse fantôme…
    Je l’avais rencontré à Saint Ouen, au siège du Mouvement de la Paix, avec Jacques LE DAUPHIN, secrétaire national de l’association, Maire de Chatillon, où je résidais alors. J’avais été impressionnée, par sa simplicité et la bonté de son regard ; et l’ai retrouvé par hasard, dans une station de métro, nous montions en même temps, j’étais accompagnée d’une de mes petites filles, et il avait mis un doigt sur sa bouche, j’ai reçu le message, nous avons échangé des sourires et il nous a saluées discrétement lorsque nous sommes sorties. Il vivait chez des religieuses, lors de son décès peu de personnes ont été averties, une cérémonie simple, et il avait choisi de donner son corps à la science, donc pas de lieu de recueillement, hormis l’endroit dédié dans le cimetière de Thiais, qui recueille les restes de ces personnes, de manièrer anonyme. ,

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