… Fabrice Leggeri, ex-patron de Frontex rejoint le RN
Énarque et normalien, a passé l’essentiel de sa carrière au sein du ministère de l’Intérieur. […] Cerné par les scandales, il en a démissionné en avril 2022.
Le Rassemblement national, toujours en quête de recrues en soutien à son programme, en particulier sur l’immigration, entend bien mettre en avant le parcours de technocrate de Fabrice Leggeri.
Sa gestion sulfureuse de Frontex et les conditions mouvementées de son départ ne semblent poser aucun problème au parti d’extrême droite, qui le présente comme un martyr de l’idéologie « pro-migrants » supposément en vigueur à Bruxelles et en France.
« Les nombreux rapports compilant les violations de droits fondamentaux de migrants aux frontières de l’Europe ont toujours été reçus par le silence ou les dénégations de Fabrice Leggeri », écrivait Mediapart au moment de sa démission. Le directeur de Frontex a longtemps conservé la confiance des autorités françaises. Ses prises de position sur l’immigration clandestine, particulièrement fermes, ne lui portaient pas préjudice.
Un rapport accablant
Au fil du temps, Fabrice Leggeri se retrouve tout de même en position délicate. Les enquêtes menées par des journalistes, des organisations non gouvernementales et même des entités de l’Union européenne pointent les dysfonctionnements de Frontex, ses dépenses somptuaires et son refus de pourvoir des postes dédiés aux droits humains. Ces révélations ternissent la réputation de l’agence.
Ce sont finalement les conclusions d’une enquête de l’Office de lutte antifraude (Olaf) de l’Union européenne, confirmant l’existence de « pushbacks » illégaux et pointant le harcèlement de travailleurs de l’agence, qui a convaincu Fabrice Leggeri de démissionner avant même sa publication. Son directeur de cabinet, Thibauld de La Haye Jousselin, a suivi le même chemin. Les deux hommes ont ainsi évité une mise en cause formelle.
Y. K. et Camille Polloni. Médiapart. Source (Très courts extraits)
Copains, coquins..