La panthéonisation des Manoukian a permis au Président Macron, de lancer des alertes… seront-elles entendues ?
Une phrase du discours d’Emmanuel Macron au Panthéon résonne, avec ce que nous pouvons pressentir, de ce que serait la vie sous un nouveau régime fasciste.
Il raconte, l’histoire de Manoukian et de ses compagnons, de la main-d’œuvre immigrée (MOI), alors qu’à l’automne 1943 leur arrestation est imminente. Et il dit : « dans leur pas [ceux de MOI] marche les inspecteurs de la préfecture de police – la police qui collabore, la police de Bousquet, de Laval, de Pétain ».
La logique politique et administrative aurait voulu qu’il nomme d’abord le personnage le plus haut placé de l’État français, le maréchal Pétain, puis le président du conseil, Pierre Laval, également ministre de l’Intérieur, et enfin René Bousquet, secrétaire général de la police de 8 avril 1942 au 31 décembre 1943, avec rang de membres du gouvernement.
Toutefois, le choix du président est bon : dans l’établissement des responsabilités, dans la hiérarchie du zèle, dans l’absence totale du moindre remord ou scrupule qui furent siennes toute sa vie durant, le préfet René Bousquet mérite de figurer en premier.
La réussite des opérations de répression policière contre la résistance, lesquels étaient ordonnés d’en haut, dépendait de l’investissement personnel qu’y mettaient les pandores, depuis le sommet jusqu’à l’échelon le plus bas de la pyramide administrative.
Il en est ainsi de toutes les répressions politiques dans tous les génocides.
Nommer Bousquet en premier est en outre justifié par le fait que celui-ci eut une longue carrière d’intrigues et de reniements politiques.
Plutôt radical-socialiste, nommé par le Front populaire au poste de confiance de responsabilité des fichiers centrales à la sûreté nationale, donc de la surveillance des menées factieuses de la cagoule notamment, c’était un pur opportuniste.
C’est donc, indirectement, à la haute fonction publique que Macron envoie un message, en blâmant en premier, un des siens. C’est aussi rappelé en filigrane que Bousquet a échappé à l’épuration parce qu’il s’était construit un réseau de relations et d’échanges, d’obligations contre services rendus, prenant des gages auprès de la résistance, fréquentant les milieux d’affaires, dans lequel il s’est reconverti.
Si Bousquet n’est plus en poste lorsque Manoukian est fusillé, c’est qu’il a été, le 31 décembre 1943, écarté à la fois par Pétain et par les nazis, après qu’il eut exprimé le souhait de se dégager de la tâche répugnante, de rafler les juifs. Après il est vrai, que les rafles du Vel’ d’Hiv’ et de la zone qui sud eurent été terminées, sous sa supervision, l’essentiel de la déportation des juifs de France ayant ainsi été accompli grâce à son total manque de la moindre compassion.
Laval a payé sa traîtrise de sa vie et Pétain est mort en prison. Bousquet est mort assassiner par un déséquilibré en 1993 alors qu’il était enfin inculpé depuis 1991, de crimes contre l’humanité.
De sorte que jamais se tint ce qui aurait dû être le procès exemplaire d’un ambitieux forcené et d’un cynique absolu. Est-ce un (peu probable) hasard, Macron a aussi épinglé celui qui fit de François Mitterrand, (autre acteur louvoyant des années noires), sont obligé, son interlocuteur comme « visiteurs du soir » de l’Élysée.
Pour cela aussi, le discours du Panthéon touche juste.
Jean-Yves Camus. Charlie Hebdo. 28/02/2024
Je ne crois pas du tout que Macron soit sincère. Pour mieux vendre son picrate amer, il prétend que celui du RN est fait au vitriol. C’est de bonne guerre.
Y aura-t-il demain, après demain, une réflexion générale pour juger, évaluer, tous ceux qui se sont tus hier, qui se taisent aujourd’hui, devant les massacres de GAZA, et de tous ceux qui les ont précédés… ici et là.. il faudra un plus grand tribunal que celui de Nuremberg..
Si j’apprécie comme beaucoup cette reconnaissance de l’engagement des FTP émigrés dans la Résistance, j’aurais préféré, comme mes Amis Arméniens, qu’elle intervienne beaucoup plus tôt.. Ma ville étant jumelée avec celle de VANADZOR ex KIROVAKAN (du temps de l’URSS )
– et que le Président HOLLANDE réponde favorablement à la demande formulée, pendant son quinquennat, par les Amis de Missak et de Mélinée.. qui étaient présents aussi,le matin au cimetière de Vitry , là où ils reposaient, et l’après midi devant leur dernier domicile parisien.. c’étaient le coeur et l’émotion qui parlaient.