… Ça fait peut-être beaucoup d’inepties pour une seule personne, fraichement ministre de surcroit ! À la porte…
Interrogée ce mercredi 17/01/2024, la ministre de l’Éducation minimise les accusations visant l’établissement Stanislas en affirmant qu’un seul cas d’homophobie est relevé dans le rapport d’inspection. Sauf que de nouveaux documents prouvent le contraire.
[…] Quitte à livrer de sévères contrevérités. La ministre prétend qu’il n’y a eu qu’un seul cas d’homophobie dans cet établissement.
« Je n’ai pas ce rapport », affirme la ministre sur France 2 mercredi 17 janvier à propos de ce document remis le 1ᵉʳ août et révélé par Médiapart, publié dans son intégralité.
Avant d’ajouter en avoir « eu une courte synthèse parce qu’ayant été mise en cause sur ces sujets-là, c’est normal pour [elle] de comprendre ce qui était reproché à l’établissement ».
Outre le fait qu’Amélie Oudéa-Castéra fasse l’impasse sur le reste du rapport, Médiapart fait état de nouveaux documents prouvant que l’homophobie est omniprésente et continue de 2011 à aujourd’hui. Et notamment l’enregistrement d’un intervenant expliquant à des élèves de 1ʳᵉ que le « désir homosexuel est un désir de viol ». Il prône aussi la « guérison » pour les personnes gays, les appelant à faire « vœu d’abstinence ».
[…]
Pour la ministre, les propos anti-avortement, les discours complotistes et sexistes et tous les autres cas d’homophobie, relevés par les inspecteurs, ne comptent pas. Elle fait seulement état d’un signalement auprès de la justice pour homophobie.
Les faits datant de mai 2023 auraient en effet été signalés à la justice à propos d’un catéchiste qui intervenait à l’école depuis trois ans. […]
Lors de nos premières révélations à l’été 2022, Médiapart avait montré l’omniprésence de l’homophobie en publiant des documents et en s’appuyant particulièrement sur le témoignage d’une quinzaine d’élèves. « C’était une violence énorme et encore aujourd’hui c’est dur de se débarrasser de cette homophobie en moi », disait l’un d’entre eux.
Nous évoquions la présence au sein même de l’école de membres de l’Église faisant la promotion des « thérapies de conversion » à plusieurs reprises et notamment en 2018. Un atelier proposait d’« offrir fraternité et soutien dans l’Église aux personnes qui vivent une attirance homosexuelle ».
David Perrotin. Médiapart. Source (Courts Extraits)
Mais AOC… frôle le parjure devant les députés
Attendu pour le 23 janvier 2024, le rapport de la commission d’enquête parlementaire consacrée aux dysfonctionnements des fédérations sportives va rappeler que, lorsqu’elle était « simple » ministre des Sports et des JO, Amélie Oudéa-Castéra s’est sérieusement mise à la faute.
Le 16 novembre dernier, lors de son audition, « AOC » est longuement interrogée sur son passage à la direction de la Fédération française de tennis (FFT), entre mars 2021 et mai 2022. Invitée à détailler le montant de son salaire, elle assure l’avoir « divisé par trois » en quittant Carrefour pour rejoindre la fédé : soit 500 000 euros annuels à la FFT, primes comprises, contre 1,4 million à Carrefour.
A l’en croire, il s’agit d’une rémunération « dans les mêmes eaux » que celle de son prédécesseur. Elle ajoute que « la FFT ne touche pas un euro de subvention publique », donc qu’a il n’y a pas d’argent du contribuable derrière cette rémunération ».
Arguments un peu courts
Une montée au filet très discutable… Dès le lendemain de son audition, d’ailleurs, l’ex-joueuse pro de tennis se fend d’une lettre aux députés de la commission d’enquête, reconnaissant un retour de service limite hors cours. La FFT, admet-elle, touche bien de l’argent public. Nuance de taille ! En revanche, elle ne revient pas sur le montant de ses émoluments.
Pourtant, ses 35 600 euros mensuels ne baignent pas vraiment « dans les mêmes eaux » que les 23 000 euros que touchait l’ex-DG, Jean-François Vilotte. Ou alors en brasse coulée !
Même incomplètes — et au grand regret des députés de l’opposition —, ces rectifications permettent à la ministre d’éviter d’être accusée de « parjure ».
Ce qui l’aurait exposée au risque d’être traduite devant les tribunaux et d’encourir une peine de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.
Une petite dizaine de dirigeants actuels ou passés du sport français ayant abusé de contrevérités ne devraient pas, eux, échapper à des poursuites.
La France, déjà championne olympique du mensonge ?
Article signé des initiales D. H. et F. R.-G. Le Canard enchaîné. 17/01/2024
Madame le ministre ferait mieux de se taire, dès qu’elle ouvre la bouche elle alimente les polémiques