… nous parlons de ces émissions de télé — plus ou moins dites de réalité — si appréciée de la ménagère – vous savez cette personne considérée par les dirigeants de chaînes bonne à gober des gamineries, qui sort les mouchoirs à tout flirt entre deux êtres ou genrés, mais surtout qui visualise le maxi de pub le temps de l’émission… Ah, oui pas de danger d’intellectualiser la population, l’abêtissement est proportionnel à l’audimat alimentant les rentrées financières générées par la pub. MC
C‘est une épidémie de nostalgie qui s’abat sur le paysage audiovisuel français. Depuis septembre, les chaînes sont nombreuses à ressusciter les télé-crochets phares des années 2000. Sont ainsi réapparus sur le petit écran de nouvelles éditions de Star Academy et de L’île de la tentation, bientôt suivies du très attendu Secret story et d’une version « senior » de The Bachelor, qui devraient voir le jour respectivement sur TF1 et sur M6. Un « recyclage » de programmes qui assure d’emblée une audience aux chaînes qui les diffusent. Et qui en dit long sur la fragilité du secteur.
« C’est plus facile de reprendre des anciennes émissions que d’en créer de nouvelles. Inventer un nouveau format, c’est une prise de risque pour les diffuseurs », décrypte Laurence Leveneur, maîtresse de conférences en Infocom à l’université Toulouse-Capitole. Parce que développer de nouveaux formats implique d’importants investissements financiers, les chaînes préfèrent miser sur d’anciens formats. « Les producteurs s’imaginent que faire revenir un vieux programme connu du public permet d’économiser des coûts de publicité », juge Séverine Barthes, maîtresse de conférences en Infocom à la Sorbonne-Nouvelle.
Le cas de Star Academy est emblématique à cet égard, estime Lucie Alexis, maîtresse de conférences à l’université Grenoble-Alpes et autrice de plusieurs articles sur le télé-crochet. « C’est une marque forte de TF1, une formule efficace dont on a éprouvé l’efficacité auparavant et qui agit comme une madeleine de Proust. Avec ça, la chaîne est sûre de fédérer d’emblée. » Chaque samedi, l’émission, qui met en scène la compétition entre jeunes chanteurs au sein d’une maison, réunit près d’un million et demi de téléspectateurs devant le poste. Soit environ 15 % de parts de marché pour cette tranche horaire.
Reprogrammer de vieilles émissions rassure d’autant plus que les revenus publicitaires de la télé n’ont pas cessé de se réduire cette dernière décennie.
D’après un article d’Emma Poesy. Télérama. Source (Extraits)