… en Andorre !
Lundi 4 décembre, Vanessa Mendoza Cortés a comparu devant le tribunal d’Andorre pour « délit contre le prestige des institutions ».
Son tort ?
Avoir dénoncé publiquement à l’ONU, en 2019, l’interdiction de l’avortement. Dans cette principauté coincée entre la France et l’Espagne, l’IVG est rigoureusement interdite, même en cas d’inceste, de viol… ou lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère.
Fondatrice et présidente de l’association Stop Violències Andorra, la psychologue andorrane de 43 ans a alors exposé cette situation devant le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.
Quelques mois plus tard, elle a été inculpée pour « diffamation avec publicité », « diffamation contre les coprinces » et « délit contre le prestige des institutions ». Elle n’a dû répondre, le 4 décembre 2023, que de ce dernier délit. Le ministère public a demandé six mois d’interdiction d’exercer une fonction publique, et 12 000 euros d’amende.
Le délibéré du tribunal sera connu le 17 janvier 2024.
En judiciarisant son cas, le gouvernement andorran a réussi l’exploit de médiatiser l’interdiction de l’avortement dans ce pays de 80 000 habitants. Cela fait maintenant des mois que les militantes féministes tentent de faire sortir l’affaire des frontières du paradis fiscal, en interpellant… Emmanuel Macron, coprince de l’État avec l’évêque d’Urgell.
Jusqu’à présent, ni le chef de l’Etat — qui a présenté, le 12 décembre 2023 en Conseil des ministres, un projet de loi pour faire entrer le droit à l’IVG dans la Constitution française — ni le ministère des Affaires étrangères français, qui vante pourtant une « diplomatie féministe », n’ont levé le petit doigt pour soutenir Vanessa Mendoza Cortés.
Le coprince aurait-il une vision très franco-française de l’avortement ?
Article non signé lu dans le Canard Enchaîné. 13/12/2023
Andore n’est nullement une démocratie. Quant aux coprinces, l’évêque d’Urgel est contre l’avortement, et Macron ne fait pas le poids face à l’évêque.
Au nouvel hôpital de Puigcerdá , les docteurs se refusent à pratiquer l’ivg !