Ouverte sur les étoiles, loin au-dessus du plancher des vaches, la cabane dans les arbres séduit ruraux et urbains. Tout confort ou non, elle fait rêver et domine le marché de l’hébergement insolite.
Prendre de la hauteur, au propre comme au figuré. Pour décrocher des trépidations quotidiennes, s’accrocher aux branches, grimper un escalier, franchir un pont suspendu et trouver refuge dans un nid à taille humaine, vitré de tous côtés, plafond compris. En lisière d’une forêt francilienne, suspendu à 6 mètres de haut entre deux chênes, un hêtre et un érable, dormir au son du cri de la chouette et ouvrir les yeux sur la nature gelée.
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… L’arbre nous tend ses branches, et son succès s’explique aussi parce qu’il convoque avec simplicité et ludisme le précieux imaginaire de l’enfance. Grimper aux arbres, construire une cabane, étymologiquement « petite maison » (du latin capanna), dont le philosophe et professeur d’esthétique Gilbert Tiberghien écrivait pour les plus jeunes, en 2019 (De la nécessité des cabanes), qu’elle « est une halte sur la trajectoire de nos rêveries » et « ne nous abrite que pour mieux nous exposer au monde, à la nature qui nous entoure, mais aussi à notre nature ». CQFD : « La cabane dans les arbres est bien numéro un sur le marché de l’hébergement insolite », confirme Nicolas Sartorius, fondateur en 2014 du réseau Unic Stay, leader de ce secteur qui pèserait 260 millions d’euros (1).
Ces hébergements (plus de six mille, dont environ huit cent cinquante cabanes dans les arbres) ont crû de 72 % entre 2019 et 2020. « C’est devenu un filon : se reconnecter au vivant tout en jouant au jeune, et en s’inscrivant dans le culte actuel de l’écologie », résume Eudes Girard.
Partout en France, été comme hiver, on peut trouver un nid où passer une nuit en hauteur (pour en moyenne 152 euros). « Il yen a pour tous les goûts », confirme Rose Calleja, ex-cadre parisienne dans le prêt-à-porter qui a repris, en 2020, avec son compagnon, Alex Escoto, la gérance de huit cabanes version rustique en pays d’Auge (Normandie), au milieu de 8 hectares de forêt. Ici, ni eau courante ni électricité — juste, dans certaines, un poêle de chauffe.
L’eau potable est hissée à la corde, avec lampes LED et paniers repas (de saison et circuit court). Arrimées à des chênes, châtaigniers ou hêtres, les cabanes ferment l’hiver pour entretien — et adaptation à la croissance de l’hôte. « On élague la construction pour laisser l’arbre grandir, et pas l’inverse », explique Rose.
La clientèle «va de l’agriculteur local qui a envie de descendre de son tracteur pour profiter de la nature au Parisien guindé qui s’encanaille en forêt », détaille Alex. Une expérience dont tous repartent ravis sauf les rares qui réservent la cabane la plus haute et reculent finalement devant son pont suspendu à 21 mètres (« l’équivalent de huit étages », précise Rose).
Citadins, la plupart des cabaneurs d’une nuit ont entre 25 et 45 ans et font moins de deux heures de route pour rejoindre leur nid, détaille Nicolas Sartorius.
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Juliette Bénabent. Télérama. Source (Extraits) N° 3858/3859. 20/12/2023
- Selon l’Observatoire de l’insolite, créé par Unic Stay et le cabinet de tourisme Alliances.
La cabane dans les 🌳, c’est mon rêve, mon jardin secret, mon p’tit chez moi dans les ☁️
Sauras-tu le réaliser, Christine ?
Bien sûr, dans mes peintures, et surtout dans ma tête