Libres : habiter la lumière de l’enfance.
Résister : ne jamais s’habituer à la douleur du monde.
Quand des souvenirs prennent feu
C’est la mémoire qui met de l’ordre
Dans un corps céleste
Encombrée de poussière et de larmes.
Si la musique est le chant de l’âme
La peinture est jubilation de l’amour.
Si la beauté est amère
Il ne faut pas l’injurier
Ne s’en prendre qu’à la forêt
Qui dévore l’enfance.
Si l’amour est triste
Il ne faut pas geindre
Mais jeter sur lui dépôt de couleurs
Vives et heureuses
De l’eau de source et des épices.
Si l’âme creuse un mauvais sillon
Il ne faut pas hurler
aller devant un miroir
Lire dans les yeux la trahison osée
Le champ de la dignité dévastée.
Tahar Ben Jelloun. Recueil « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard
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