…. Macron sera perdant quoiqu’il arrive.
La présentation de la réforme des retraites faite par le gouvernement ce 11 décembre 2019 n’a pas réussi à calmer la grogne des Français, estime ce quotidien allemand. Désormais, qu’importent les décisions que le président prendra, il y laissera des plumes.
Ce devait être une libération, ce fut un fiasco : la grande déclaration qui devait permettre au gouvernement français de rallier la population à la réforme des retraites a encore renforcé l’opposition au projet.
Même les syndicats modérés […] ont rejoint la résistance. La France risque d’être confrontée à un long hiver de grèves.
Dans, ce conflit, l’identité du perdant est claire : Emmanuel Macron.
Le président ne pourra plus imposer son projet ambitieux, qui avait pour objectif un changement de système et la suppression des régimes spéciaux de retraite, sans y laisser des plumes. Car il devra décider entre deux maux : soit faire voter la réforme par le Parlement, sans tenir compte des syndicats modérés, et apparaître comme celui qui divise un pays déjà déchiré ; soit renoncer à l’allongement du temps de travail, comme l’exécutif l’a annoncé mercredi [11 décembre], édulcorer ainsi la réforme et peut-être sacrifier son Premier ministre.
Mais Macron perdrait alors son bien le plus précieux : son image politique de réformateur intrépide. S’il s’en écarte, sa base électorale s’éloignera. […]
Un article du « Süddeutsche Zeitung » – Munich, lu dans « Courrier international ». Titre original: « Avec la réforme des retraites, Macron sera perdant quoiqu’il arrive ». Source
Si la réforme entre en application les grands perdants seront les salariés.
Que Macron perde la face, on s’en fout du moment qu’il retire son projet par point et en présente un autre qui viserait à améliorer celui qui existe aujourd’hui.