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Descendante de la Loterie Nationale, fondée en 1836 par dérogation à une loi d’interdiction des loteries, la Française des Jeux bénéficie d’un monopole d’état sur le territoire français.

Ses changements successifs de nom, de Société de la Loterie Nationale et du Loto National (SLNLN) en 1976, à France Loto en 1989 puis enfin Française des Jeux en 1991, marquent à chaque fois de profonds changements dans l’entreprise. On peut notamment parler de la participation toujours plus grande de l’État, passant ainsi d’une contribution au capital de l’entreprise de 51 à 72 % en 1989.

Donc nous dénonçons que 72 % du capital de La Française des jeux, appartenant à tous les Français ont été vendus à « une partie » de ses concitoyens voulant thésauriser.

La privatisation de la FDJ s’inscrit tout simplement dans la logique libérale de gestion de la société et de l’économie. Les gouvernements libéraux ont toujours œuvré à la réduction de l’action de l’État sur la société en le confinant à ses fonctions régaliennes d’ordre, de sécurité et de justice. Depuis 1986, en France, l’État français, sous des gouvernements successifs, a ainsi cédé environ 1 500 sociétés et transféré plus d’un million de salariés au secteur privé.

Bruno Le Maire dit « qu’il veut rendre la FDJ » aux Français, engageant ainsi, une véritable spoliation pour l’avenir. Quand il dit que « la vente de la FDJ servira notamment à rembourser la dette du pays, cette vente de la FDJ pourrait rapporter à l’État entre 1,5 et 3 milliards d’euros, soit, au mieux, 0,12 % du total de la dette ! »

La privatisation de la Française des jeux n’était absolument pas justifiable. Avant sa vente outre les taxes sur les jeux, la FDJ rapportait des dividendes à l’État. En privatisant, comme toujours dans ce genre d’opération, l’État fait un gain à court terme de l’ordre de 1 à 1,5 milliard d’euros. Mais si il conserve les taxes sur les jeux, il se prive de ces dividendes. Il va se retrouver un peu dans la même situation que ce qui s’est passé avec les autoroutes, avec un gain à court terme et une gabegie financière sur le long terme.

Le bradage « entre copains » peut-il être avancé ? Au moment de l’ouverture des jeux en ligne, sous Sarkozy, force est de constater que des opérateurs proches du pouvoir se sont engouffrés dans la brèche. Le gouvernement se défend aujourd’hui en avançant que le capital de la FDJ sera offert aux petits porteurs. Mais les petits porteurs peuvent revendre leurs titres du jour au lendemain… à des opérateurs privés à l’affût.


Article composé à partir de diverses interviews.