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L’été dernier, Pascale s’est fait un petit plaisir, il a acheté un Volkswagen « Tiguan » à 54.000 €.

Quelques semaines plus tard, elle roule vers le littoral calaisien avec ses deux petits-enfants à l’arrière : à eux les grands espaces !

Las ! Sur l’autoroute, des voyants s’allument, et le mot « danger » apparaît sur l’écran de l’ordinateur de bord. La bagnole toussote, ne dépasse plus les 40 km/h… Panique à bord, dépannage dans la foulée.

Quand le garagiste lui annonce la cause de la panne, Pascale s’étouffe : des durites ont été grignotées par des rongeurs. De récentes normes européennes, lui explique-t-il, imposent aux constructeurs d’utiliser des pièces mécaniques moins polluantes à base de produits recyclés (et non de pétrole). D’où l’idée, notamment, de fabriquer des durites en amidon de maïs, sans se douter que rats et souris en raffolent, avec les conséquences que l’on sait.

Sur Internet, les forums spécialisés regorgent de témoignages d’automobilistes furibards : ce genre de pépins, en effet, n’est pris en charge ni par la garantie constructeur ni par les assurances. Et la plaisanterie peut coûter cher. « De 700 € le faisceau électrique à 2.800 pour les tuyaux de dépression et les durites de gazole », avait diagnostiqué « 60 Millions de consommateurs » en 2012. Pascale, elle, n’en a été de sa poche « que » d’une centaine d’€. Son concessionnaire n’étant pas rat, il a fait un geste commercial.

Contactés par « Le Canard », les constructeurs ne semblent pas rongés de remords.

« Ni les matériaux utilisés ni la conception des véhicules ne sont responsables de cette attraction (sic), se défend-on chez Renault. C’est un problème lié à la présence de rongeurs. »

Chez Volkswagen, même musique : les attaques animales « ne sont pas, comme il est parfois avancé, liées spécifiquement à la composition des matériaux utilisés ». Et le fabricant de se lancer dans un exposé d’éthologie : « Lorsqu’un rongeur s’est niché dans un véhicule et qu’un autre choisit ce même endroit pour s’installer, il craint son rival et essaie de le chasser en détruisant les pièces du véhicule portant l’odeur de l’autre animal. » Vite, un désodorisant !

Pascale, elle, préfère dorénavant prendre ses précautions pour sa voiture de luxe : « Tous les quinze jours, on asperge le moteur avec une bombe spéciale anti-rongeurs. »

A quand de la mort-aux-rats dans les stations-service ?


Article non signé. Le Canard enchaîné. 20/11/2019