… Lyonnaises, lyonnais voilà qui il est… selon une enquête…
L’ancien président de l’OL est le grand favori des municipales lyonnaises.
Pour faire basculer une ville acquise à la gauche, cette figure du foot français,
soutenue par LR et les macronistes, ne recule devant aucune promesse.
Pour mieux ratisser large.
Jean-Michel Aulas, un homme de presque 77 ans sans expérience politique, est considéré comme le favori des élections municipales à Lyon avec 47 % des voix selon un sondage. Sa popularité, en partie due à son rôle de président de l’Olympique lyonnais, suscite des discussions.
« Une blessure narcissique à réparer »
Bien qu’Aulas soit attrayant pour la droite en raison de son succès sportif et économique, son manque d’expérience politique soulève des doutes. Ses propositions incluent la gratuité des services pour les personnes à faible revenu et une augmentation des effectifs policiers, mais il est critiqué pour ses liens entre insécurité et immigration. Son projet d’un mégatunnel routier suscite également des scepticismes. La cohérence de son programme complet ne sera révélée qu’en février.
Menaces de poursuites judiciaires
En attendant, Aulas s’épargne les difficultés. S’il doit débattre avec ses adversaires le 24 février sur BFM, il reste sagement à l’écart de la confrontation. « Le Nouvel Obs » a insisté pour le rencontrer et l’interroger. Mais le favori n’a pas daigné nous recevoir comme il a laissé sans réponse les onze questions circonstanciées que, faute de mieux, nous lui avions transmises par écrit. Avant même cet envoi, son principal conseiller en communication, Roman Abreu, n’en a pas moins menacé « le Nouvel Obs » de poursuites judiciaires.
Du Aulas pur jus, le favori à la mairie de Lyon, utilise souvent la menace et envoie rapidement des courriers d’avocats. Il y a vingt ans, lorsqu’un journaliste a voulu écrire une biographie non autorisée, Aulas l’a reçu avec un huissier pour répondre à ses questions.
Récemment, il a perdu un procès contre le site Rue89 Lyon, qui l’accusait d’avoir utilisé le Delaware pour investir dans des jets privés, et il a annoncé qu’il ferait appel. L’automne dernier, ses avocats ont envoyé des mises en demeure au président de la métropole et au sénateur écologiste Thomas Dossus, leur demandant d’arrêter de poser des questions sur l’utilisation des ressources de son entreprise dans sa campagne, sinon ils feraient face à des poursuites. Selon un parlementaire, Aulas l’aurait menacé après une cérémonie commémorative, lui disant : « Continuez de raconter des mensonges, et vous aurez des problèmes… » Quand il a demandé si cela concernait des problèmes juridiques, Aulas a répondu : « Vous verrez bien. »
Des sondages qui posent question
Deux sondages publiés en mars et juin 2025 suscitent des interrogations sur les intentions de vote aux municipales. Ces études ont été importantes pour la candidature d’Aulas et ont révélé de bons résultats dans la presse locale, légitimant sa candidature avant même son annonce officielle. Jusqu’au 28 janvier, les notices techniques des sondages étaient sur le site de la Commission des Sondages, indiquant qu’elles avaient été financées par Holnest, le fonds d’Aulas. Cependant, le code électoral interdit à une entreprise de financer une telle étude pour un candidat. Aulas et les sondeurs ont rétorqué que les notices étaient erronées et que les études avaient été financées par le candidat lui-même. Si c’est vrai, ces coûts doivent être intégrés aux comptes de campagne d’Aulas.
Pour les Lyonnais, ce sera trois scrutins et trois bulletins
Les élections des 15 et 22 mars à Lyon impliqueront trois bulletins de vote pour les conseillers d’arrondissement, municipaux et du conseil de la métropole, tandis que les 57 autres communes voteront deux fois. Les principaux candidats pour le scrutin municipal incluent Grégory Doucet, Jean-Michel Aulas, et d’autres, tandis que pour la métropole, Bruno Bernard et Véronique Sarselli sont les têtes de liste. La Commission des Sondages a publié de nouvelles notices, précisant qu’elle ne vérifie pas l’identité des commanditaires et acheteurs des sondages.
Le soutien financier des collectivités publiques
Aulas, qui a construit le Groupama Stadium avec un mélange de fonds privés et de soutien public, se retrouve au centre d’accusations de conflits d’intérêts s’il devient maire de Lyon, en raison de ses liens économiques importants. Bien qu’il ne soit plus actif dans sa société Holnest, ses responsabilités en tant que président échappent à toute critique, notamment parce qu’il supervise son fils en tant que directeur général. Ses anciennes relations au sein de l’OL soulèvent des interrogations sur sa crédibilité, et les souvenirs de figures comme Cohn-Bendit semblent contredire ses prétentions sur son passé. Malgré ces controverses, Aulas demeure le candidat favori.
D’après un long article signé Clément Lacombe. Nl Obs. N° 3203. 05/02/2026